Ramadan en Tunisie : la banane de tous les excès !!

4 dinars en France, en Allemagne et en Italie ; et moins de 2 dinars en Égypte…..!!!???
Tunis Universnews Chaque Ramadan, le même scénario se répète. Les marchés débordent, les caddies se remplissent, les porte-monnaie se vident. En Tunisie, la demande explose, les prix suivent… parfois de manière spectaculaire. Et au sommet de cette pyramide de contradictions trône un fruit devenu presque symbolique : la banane.
Selon l’infographie largement partagée sur les réseaux sociaux, le kilo de bananes en Tunisie avoisinerait les 17,5 dinars. Un chiffre qui donne le vertige quand on le compare à d’autres pays, y compris européens ou du Golfe, où les prix sont nettement plus bas. Comment expliquer qu’un fruit importé, banal ailleurs, devienne chez nous un produit presque premium ?
La comparaison est éloquente : en Algérie, le kilo tournerait autour de 9,4 dinars, en France autour de 4,3 dinars, en Allemagne 4,1 dinars, en Italie à peine 3,4 dinars. Même dans des pays du Golfe comme le Qatar ou les Émirats arabes unis, les prix resteraient bien en dessous des niveaux tunisiens. Plus frappant encore, en Égypte, le kilo serait affiché à moins de 2 dinars. Autrement dit, la banane tunisienne semble voyager à contre-courant des logiques du marché mondial.
La réponse ne tient pas seulement aux circuits d’importation ou aux fluctuations du marché. Elle est aussi culturelle. Pendant le mois saint, les Tunisiens se laissent tenter. On achète plus, beaucoup plus. On cède aux envies, aux tables garnies, à cette générosité parfois excessive qui nous caractérise. On se dit qu’il faut tout : les dattes, les jus, les fruits secs… et bien sûr les bananes.
Résultat ? Une partie finit consommée à la hâte, l’autre oubliée dans le réfrigérateur, puis discrètement jetée quelques jours plus tard. Entre gaspillage et flambée des prix, le cercle est parfaitement huilé.
La banane n’est donc pas seulement un fruit. Elle est devenue le symbole d’un Ramadan où l’abondance dépasse parfois le besoin. Et si, cette année, la véritable révolution n’était pas dans les prix… mais dans nos habitudes ?
KS



