
- Une évolution saluée par les milieux d’affaires qui y voient une opportunité pour les exportateurs confrontés à des marchés internationaux de plus en plus exigeants
- La BCT double le délai de paiement à 120 jours, permettant aux entreprises de négocier des conditions de paiement plus souples avec leurs clients étrangers
- Trois erreurs récurrentes pourraient compromettre les avantages offerts par ce nouveau dispositif
- La circulaire 2025-13 marque une étape importante vers une plus grande ouverture du commerce extérieur tunisien
Tunis, UniversNews (Finances) – La Banque Centrale de Tunisie (BCT) vient d’introduire une réforme majeure du cadre réglementaire du commerce extérieur. Par la circulaire n°2025-13, publiée lundi 27 octobre, l’institution monétaire assouplit en profondeur les règles encadrant le règlement financier des importations et exportations de marchandises.
Une évolution saluée par les milieux d’affaires, qui y voient une bouffée d’oxygène pour les exportateurs tunisiens confrontés à des marchés internationaux de plus en plus exigeants.
Allongement des délais de règlement : plus de flexibilité, moins de pression
Jusqu’ici, les exportateurs devaient prévoir dans leurs contrats un règlement dans un délai maximal de 60 jours après expédition. Désormais, la BCT double ce délai à 120 jours, permettant ainsi aux entreprises de négocier des conditions de paiement plus souples avec leurs clients étrangers.
Cette mesure offre une bouffée d’oxygène, bienvenue pour les trésoreries, notamment dans les secteurs à cycle de facturation long comme l’agroalimentaire, le textile ou les composants mécaniques.
La circulaire introduit également une liberté totale quant aux moyens de règlement : virements, lettres de crédit, effets de commerce ou autres instruments financiers reconnus. Une modernisation attendue depuis longtemps, adaptée aux standards du commerce international.
Ce que change concrètement la circulaire 2025-13
La nouvelle circulaire modifie les dispositions de l’article 10 de la circulaire n°94-14 du 14 septembre 1994, actualisant un cadre devenu obsolète face à l’évolution du commerce mondial.
Voici les trois grands niveaux de flexibilité désormais introduits par la BCT :

Les pièges à éviter selon les experts
Si la réforme est globalement accueillie favorablement, plusieurs praticiens du commerce extérieur appellent à la vigilance.
Trois erreurs récurrentes pourraient compromettre les avantages offerts par ce nouveau dispositif :
1. Une mauvaise rédaction des clauses de paiement dans les contrats d’exportation, souvent floues ou non conformes aux nouvelles règles.
2. La sous-estimation des délais de recouvrement, notamment sur les marchés à haut risque.
3. Le choix inadapté du type de garantie, pouvant entraîner des blocages bancaires ou des surcoûts de financement.
Un signal positif pour la compétitivité tunisienne
Cette réforme s’inscrit dans la volonté de la Banque Centrale de moderniser le cadre des opérations de change et de renforcer la compétitivité du tissu exportateur national.
En facilitant les transactions et en réduisant les contraintes administratives, la BCT cherche à stimuler la présence des entreprises tunisiennes à l’international et à soutenir la croissance des exportations, qui ont progressé de 4,2 % en 2024 selon les dernières données officielles.
La circulaire 2025-13 marque une étape importante vers une plus grande ouverture du commerce extérieur tunisien. Plus de liberté, plus de souplesse, mais aussi plus de responsabilité pour les exportateurs appelés à maîtriser les risques de change et de recouvrement.



