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SOS… institutions culturelles en danger!!!

• Dangereux: Démantèlement sournois d'institutions culturelles établies de longue date en Tunisie… !!!

  • La mise en œuvre des politiques publiques ne saurait se faire par l’improvisation ni selon la logique du « mieux vaut annuler que réformer »
  • Ce qui se trame aujourd’hui, dans ce silence, ressemble à une véritable menace pour le paysage culturel plutôt qu’à une réforme

UniversNews (CULT) – L’avocat Ahmed Ben Hassana a affirmé que ce qui est tramé, dans les coulisses, au sein du ministère de la Culture, dans le plus grand secret, est profondément préoccupant. Il a déclaré qu’un projet de loi, visant à s’attaquer au cœur même du paysage culturel tunisien, est en cours d’élaboration, sans aucune consultation ni participation des acteurs du secteur.

Selon les informations disponibles, ces projets prévoient la suppression d’institutions publiques en activité et la fusion d’autres, sans que les études nécessaires aient été menées à bien. Ils impliquent également le démantèlement de structures ayant joué un rôle essentiel dans la protection et le développement des arts, le tout sous couvert d’une « rationalisation des institutions publiques ».

Ces institutions n’étaient pas nées par pur hasard, mais sont le fruit de la lutte de générations d’artistes et de créateurs. Le Centre national du cinéma et de l’image (CNCI) qui fait partie de ce projet destructeur, par exemple, est l’aboutissement de plus de trente années d’efforts de cinéastes. De même, le Centre national des arts de la marionnette (CNAM) est le couronnement d’un long parcours de travail et de persévérance mené par les pionniers de cet art depuis l’indépendance, avec pour objectif la création d’une structure nationale garantissant sa continuité et son développement.

Quant au Musée national d’art moderne et contemporain (MACAM), il était un rêve de longue date pour les artistes plasticiens et les sculpteurs, et représente une réponse nécessaire à une riche histoire artistique tunisienne s’étendant sur plus d’un siècle et demi.

Il en va de même pour toutes ces institutions, nées de l’adversité et de la détermination, jusqu’à ce que les rêves se transforment en réalité tangible.

Une question se pose, aujourd’hui, alors que ces acquis sont consolidés et sont devenus des institutions ayant une reconnaissance mondiale, même: comment accepter le démantèlement, par des décisions prises en secret, de ce qui a été bâti aux forceps au cours de décennies de lutte ? Comment peut-on revenir à la case départ sans concertation ni évaluation objective ?

La situation actuelle suscite de vives inquiétudes quant à ce climat de chaos susceptible d’affaiblir le tissu culturel national, ce qui contredit les principes et les méthodes les plus fondamentaux de l’élaboration des textes législatifs, lesquels exigent consultation, étude et planification à long terme.

Quelle « rationalisation » peut-on espérer en l’absence de transparence ? Et quelle réforme peut-on construire sans la participation des artistes, des professionnels et des experts ?

La mise en œuvre des politiques publiques ne saurait se faire par l’improvisation ni selon la logique du « mieux vaut annuler que réformer », mais bien par une approche participative fondée sur la base d’études approfondies et d’une vision culturelle claire, respectueuse de l’histoire et du rôle des institutions.

Ce qui se trame aujourd’hui, dans ce silence, ressemble moins à une réforme qu’à une véritable menace pour le paysage culturel. Ce qui passe inaperçu aujourd’hui pourrait devenir demain une réalité difficile à inverser, d’autant plus que la culture n’est pas un terrain d’expérimentation improvisée, mais bien un pilier fondamental de l’identité nationale.

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