Tunisie: Ce que révèle la nouvelle note de la Banque mondiale…!!!

- Une reprise fragile, un modèle à repenser… et plusieurs questions essentielles au centre du débat!!!
- Une économie au tournant et une légère amélioration… reprise durable ou simple sursis??!!!
- La BM rappelle que la productivité stagne, l’investissement demeure faible, et le climat des affaires nécessite une modernisation profonde
- Tous les ingrédients d’un redressement existent, mais leur activation dépendra de décisions rapides, cohérentes et politiquement assumées.
UniversNews (SEF) – La publication, le 25 novembre 2025, de la nouvelle note de la Banque mondiale sur la Tunisie remet plusieurs questions essentielles au centre du débat économique national.
La légère amélioration des indicateurs suffit-elle réellement à engager une sortie de crise durable ?
Peut-on parler d’un début de redressement alors que les fragilités structurelles demeurent profondément ancrées ?
Et surtout : la Tunisie est-elle aujourd’hui en mesure de transformer une reprise timide en véritable trajectoire de croissance inclusive et soutenable ?
À travers cette note, l’institution internationale dresse un tableau nuancé : des signes encourageants, certes, mais aussi une série de risques qui continuent de peser sur l’avenir du pays. Une lecture à la fois lucide et stratégique, qui interpelle sur les choix à opérer dans les mois à venir.
Une croissance qui revient, sans pour autant changer la donne
Selon la Banque mondiale, la Tunisie devrait enregistrer une croissance d’environ 2,6 % en 2025, confirmant un redressement progressif après des années de faible dynamisme.
Cette reprise repose principalement sur :
- Le rebond agricole, favorisé par de meilleures conditions climatiques ;
- La relance graduelle de la construction, tirée par quelques projets publics et privés ;
- La solidité du tourisme, toujours capable de générer de l’activité et des devises.
Toutefois, cette embellie reste insuffisante pour impulser une transformation structurelle. La Banque mondiale rappelle que la productivité stagne, l’investissement demeure faible, et le climat des affaires nécessite une modernisation profonde.
Des fragilités persistantes qui menacent la trajectoire
Le rapport met en garde contre plusieurs vulnérabilités majeures :
- Le déficit externe, un talon d’Achille récurrent
- Une situation budgétaire toujours tendue
- Une dette élevée et sensible aux chocs
1. Le déficit externe, un talon d’Achille récurrent
Le compte courant pourrait se détériorer d’ici 2027 si aucune mesure n’est prise pour contenir la dépendance énergétique et la hausse des importations.
2. Une situation budgétaire toujours tendue
Le déficit public reste important, empêchant l’État de mobiliser les ressources nécessaires à sa transformation.
3. Une dette élevée et sensible aux chocs
Stabilisée autour de 83–84 % du PIB, elle demeure un facteur de risque, surtout dans un contexte d’accès limité aux financements extérieurs.
L’évolution majeure de la note : replacer la protection sociale au cœur des réformes
La nouveauté la plus marquante du document du 25 novembre 2025 réside dans l’insistance sur la dimension sociale.
Pour la Banque mondiale, la réussite des réformes économiques passe désormais par un renforcement clair des filets sociaux, afin de protéger les ménages vulnérables et d’éviter que les ajustements ne creusent les inégalités.
C’est une position plus affirmée que lors des précédentes publications : l’équité devient un prérequis à la stabilité macroéconomique.
Une transformation structurelle indispensable
Le rapport souligne la nécessité d’un agenda de réformes ambitieuses, articulé autour de :
- La libération de l’investissement privé,
- La restructuration des entreprises publiques,
- La transition énergétique,
- Et la modernisation de l’administration par la digitalisation.
Sans ces transformations, la croissance restera trop faible pour absorber le chômage, améliorer les revenus ou relancer une dynamique d’investissement.
Une fenêtre d’opportunité qui se réduit
La note de la BM décrit une Tunisie qui reprend souffle, mais dont la marge de manœuvre se resserre.
Les questions posées au début demeurent entières : la reprise est-elle suffisante ? Les réformes seront-elles menées au rythme nécessaire ? Le pays parviendra-t-il à concilier stabilité sociale et discipline économique ?
Tous les ingrédients d’un redressement existent, mais leur activation dépendra de décisions rapides, cohérentes et politiquement assumées.



