A la uneTRIBUNE

Vente à la découpe – 17 décembre 2010/17 décembre 2025

Tawfik BOURGOU

UniversNews (TRIBUNE) – Les peuples sont responsables de leurs malheurs et on ne peut se contenter de blâmer les responsables pour leurs turpides et épargner les peuples en raison d’un faux principe qui ferait des peuples les dépositaires d’une irresponsabilité totale et irrévocable pour les fautes, voire les crimes qu’ils sont amenés à perpétrer à l’encontre de leurs pays, leurs sociétés et en définitive eux-mêmes ou les générations futures, leurs propres descendants.

Dans son malheur, depuis 2011, sa trajectoire a amené la Tunisie à croiser des tâcherons politiques, pour lesquels le qualificatif de classe politique serait impropre. Bien sûr, certains sont honnêtes, responsables, patriotes. Ils furent une minorité anecdotique dans un océan de médiocrité, un bouillon de culture mafieuse peu ragoutant. La liste des noms serait si longue qu’une tribune de plusieurs pages ne suffirait pas à rassembler tout leur annuaire. 

Très tôt, cette classe politique dite du « ridicule printemps » a entrepris de vendre le pays à la découpe, par bouts, par compartiments, par cases, par lambeaux. 

Souvenons-nous que le jour de la nomination du premier gouvernement Jebali, Bou Chlaka avait transmis à Ankara la liste des futurs ministres afin de recueillir l’assentiment de la « porte sublime ». Tel un provisoire qui transfère les archives de la Présidence de la République au microscopique Emirat du Qatar en contrepartie de logorrhées verbales dans la chaine de propagande du régime émirien. 

Tel Chahed s’empressant de signer l’accord qui ouvre la porte à l’invasion démographique subsaharienne de la Tunisie. Tel Daïmi et son frère accueillant tous les rétrogrades bigots, Cheikhs venu chanter les louanges de la lapidation et du « ihtitab ». Tel autre dont va taire le nom, conseiller du provisoire, hébergé dans un palais de la république subtilise l’argenterie du lieu et s’éclipse avec en France après la fin de son emploi auprès de son maître, l’homme du Qatar à Carthage. Le même provisoire qui déclare avoir demandé l’aide du Calife Erdogan pour mettre au pas l’armée tunisienne. Tel enfin, un autre Chef du Gouvernement, sous la férule d’Ennahdha, se rendant à Alger et se fait isoler dans une pièce où, le renseignement algérien, dans le pur style du KGB, lui pose sous le nez des preuves de trahison d’autres membres de son gouvernement, comme si l’Algérie pouvait être fiable dans ce qu’elle entreprend en Tunisie. Un vrai homme d’Etat aurait quitté les lieux et rompu la visite. Mais pour cela, il fallait être un homme d’Etat, mais surtout un homme. 

Le peuple qui, comme on le sait, selon le slogan ridicule de 2011, « a voulu », « et veut toujours », lui aussi a participé à la vente à la découpe du pays et s’est fait l’artisan de sa propre colonisation par les subsahariens qui sont la menace mortelle contre la Tunisie.  Tel cet agriculteur pincé par la garde nationale transportant sous ses pastèques des subsahariens allongés dans la remoque de sa camionnette. A son niveau il a participé à la colonisation de son propre pays. Telle cette mère de famille, instagrammeuse, ex-épouse d’une ex-gloire du football qui fait travailler clandestinement une subsaharienne, une Ivoirienne, venant d’un pays safe qu’elle finira par aider ensuite à partir en France. 

Tel ces contrebandiers après avoir démoli intégralement l’économie et l’industrie du pays, se sont enrôlés dans l’invasion subsaharienne avant de passer la barrière vers les drogues dures et l’empoisonnement des enfants du pays. On étendra la trahison à ceux qui font travailler et bien sûr héberger. 

Tel ce chef d’entreprise de la région de Sfax, à quelques encablures d’El Amra, qui argumente en ratio de productivité, l’emploi illégal de subsahariens, ou cet agriculteur qui prive des femmes tunisiennes de sources de revenus en leur substituants des subsahariennes et argumente qu’il projette de quitter le pays et d’emmener ses garçons afin de leur offrir un avenir en ayant au préalable empoisonné l’avenir de ceux qui resteront et qui seront une minorité dans la terre de leurs ancêtres. 

Telles celles et ceux nombreux ont créés des associations d’importation d’étrangers, grimés en réfugiés, allant jusqu’à les recruter dans des pays qui ne sont ni guerre, ni en famine, juste pour justifier d’un nombre et se faire payer des fonds par les ONG étrangères qui pullulent en Tunisie oubliant que celles-ci ne sont que des façades pour des officines de services de renseignement.

Mais que dire alors du funeste accord signé avec l’Italie ? Un diktat qui vaut à la Tunisie le sort peu enviable de quasi bantoustan au point qu’un marocain, un nommé Satouri, le représentant de la DGED (service de renseignement marocain) au sein d’un parlement européen, fortement soudoyé par le régime chérifien, en vienne à défendre des associations organisatrices d’une installation massive de subsahariens en Tunisie. 

Une vente à la découpe qui a atteint tout ce qui peut se vendre, le moindre service s’il devait se monnayer, peut devenir une entreprise mafieuse unipersonnelle. Le foncier, notamment à Djerba, zone que nous connaissons si bien, est une convergence des ventes à la découpe au mépris du danger qui guette le pays, celui d’une colonisation pure et simple. 

Toutes les guerres ne se perdent pas par les armées et toutes les dépossessions ne s’expliquent par uniquement par la trahison des élites politiques (inexistantes dans le cas de la Tunisie), mais elles s’expliquent aussi et surtout par la « collaboration » des peuples et des petites gens du quotidien qui tirent profit des bouts de leur chair qu’ils découpent et mangent oubliant que cela ne fait que hâter leur propre mort.

T.B.

Politologue

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page