
Tawfik BOURGOU
- Le monde arabe, entité inexistante dans les faits, est une idéologie annexionniste au nom d’une hypothétique unité qui n’a jamais existé dans l’histoire
- Quand en 2011, la Tunisie a mis genou à terre par la faute de son peuple, une vague de délectation sadique a traversé la classe des potentats dans tout le monde arabe
- Le terrorisme résiduel au Chambi est massivement algérien, de l’aveu même d’un ancien membre des services algériens aujourd’hui réfugié en Europe
- L’invasion subsaharienne en Tunisie a été et est toujours une stratégie de démolition structurée par les services algériens
Tunis, UniversNews (TRIBUNE) – Le grandisme serait le synonyme d’un expansionnisme si celui qui se voit grand avait les moyens de son ambition. Le grandisme est une pathologie mentale de tous les régimes arabes. Ils se voient presque tous mériter le territoire de leurs voisins, accessoirement affabulés du qualificatif peu enviable «frères».
Le monde arabe, entité putative, inexistante dans les faits, est une idéologie annexionniste au nom d’une hypothétique unité qui n’a jamais existé dans l’histoire. D’ailleurs, avant le « monde arabe » politique nassérien, les tribus arabes préislamiques n’étaient qu’un amas chaotique en guerres et en razzias intestines. Depuis la fin des colonisations, le monde arabe vit au rythme des grandismes, par unification imposées ou par influences destructrices. La liste des victimes de voisinages toxiques est longue : le Liban, la Syrie actuelle, le Yémen, la Libye et, depuis 2011, la Tunisie est une sorte de victime expiatoire de sa voisine de l’ouest.
Quand en 2011, la Tunisie a mis genou à terre par la faute de son peuple, une vague de délectation sadique a traversé la classe des potentats au pouvoir dans tout le monde arabe sans exception aucune et bien évidemment à Alger qui s’est repue immédiatement des malheurs de la Tunisie. Le Maroc n’a pas été en reste bien sûr.
L’inculture peut conduire à tout !!!
Récemment, la ministre algérienne de la « culture », s’est permis de dire (nous citons) : « la civilisation tunisienne procède de l’histoire de la civilisation algérienne ». A l’insulte cette pauvre dame ajoute l’inculture. Répondons-lui d’abord et essayons d’expliquer la pathologie du grandisme et de ses ravages sur la classe politique de la voisine de l’Ouest.
A cette dame nous lui répondons clairement, qu’étaient les territoires algériens avant 1830 ? Nous l’invitons de constater avec nombre d’historiens de toutes religions, langues, origines, époques, que dans l’actuelle Afrique du Nord, il y a eu trois centres de pouvoir structurés en Etats, ce que nous appelons des antériorités étatiques. Il y a la Tunisie actuelle avec la succession d’Etats et de civilisations, nous sommes n’en déplaise à cette dame et à son régime, la plus ancienne entité géopolitique d’Afrique. Il y a l’Egypte et enfin le Maroc.
Sur la longue histoire, l’actuelle Algérie et l’actuelle Libye ont été des marges adossées parfois à des cités ou quelques proto-Etats sans plus. Si cette dame ou d’autres ne sont pas convaincus nous pouvons à loisir leur prodiguer un cours de géohistoire de l’Afrique du Nord.
L’insulte de cette dame, mais les diarrhées verbales de certains responsables algériens coïncident avec l’affaiblissement de la Tunisie depuis 2011 auquel l’Algérie en tant qu’Etat et en tant que services de renseignement ne sont pas étrangers.
D’abord, l’invasion massive de subsahariens dont plus de 90% viennent d’Algérie (il suffit de lire les statistiques du ministère de l’intérieur), parfois poussés par les autorités algériennes elles-mêmes ainsi que les relais du régime algériens qui leur offrent royalement eau et nourriture à proximité de la frontière tunisienne.
Gafsa et le complot algéro-libyen
En second lieu, le terrorisme résiduel au Chambi est massivement algérien, de l’aveu même d’un ancien membre des services algériens aujourd’hui réfugié en Europe. Le procédé est assez ancien. Enfin le précédent historique : Gafsa qui fût un complot algéro-libyen. L’objectif de cette opération était de partager la Tunisie entre l’Algérie qui avait pris soin d’aviser l’URSS et Kadhafi qui, bêtement, s’est trop mis en avant. Mais l’idée fut soviéto-algérienne.
Nous avons de sérieuses raisons de penser que les attaques contre la Tunisie qualifiée tour à tour de wilaya algérienne par un « député » aussi inculte que sa ministre ou d’excroissance de l’Algérie, ou de pays rempart par la junte militaire elle-même, vise à démolir la Tunisie. L’invasion subsaharienne a été et est toujours une stratégie de démolition structurée par les services algériens.
Plus feutré est le pillage du patrimoine matériel et immatériel de la Tunisie. Tout y passe de Deglet Ennour, à la nappe phréatique en passant même par des dénominations commerciales de produits. Dans une récente exposition, des vêtements traditionnels tunisiens ont été purement et simplement annexés par le ministère de la culture de la voisine de l’ouest, dirigé par la dame inculte. Profitant de la faiblesse politique de la Tunisie et de l’immaturité de sa classe politique, le régime algérien a entrepris de réaliser la mainmise à laquelle n’ont pas pu rêver les deys turcs de l’ouest de la Tunisie.
Des pages et des sites ont été créés par la bénédiction du régime d’Alger qui professent haine et pillage, si ce n’est micros-trottoirs de pseudos interviews d’algériens qui déversent des tombereaux de haine contre la Tunisie qu’ils étaient en train de visiter.
Des signes qui ne sont pas trompeurs !!!
Quand la Tunisie a voulu s’inscrire dans le mégaprojet de l’hydrogène vert avec l’Union Européenne, l’Algérie a torpillé le projet en voulant imposer son entreprise des pétroles et du gaz pourtant non concernée, territorialement et industriellement.
Les sorties de Tebboune sur la Tunisie, les réunions fomentées par l’Algérie avec l’Italie et le condominium signé avec Meloni sur le dos de la Tunisie est un symptôme de grandisme ou alors d’un annexionnisme qui ne dit pas son nom. L’Algérie agit en Tunisie comme agissait Hafedh Al Assad et son fils au Liban. D’ailleurs la proximité entre le régime algérien et le défunt régime des Assad était de notoriété publique, tous deux proxys de la Russie, ils ont toujours eu pour objectif de vassaliser leurs voisins afin de les transformer en champs de confrontation avec des pays plus puissants… bien sûr l’Occident.
L’Algérie a joué et joue ce rôle pour le compte de la Russie, malgré la prétendue tiédeur des relations entre Alger et Moscou. Hasard des calendriers, le jour où la Tunisie a signé un incompréhensible accord de défense, refusé à maintes reprises par tous les présidents tunisiens, l’Algérie recevait l’accord de Moscou pour l’achat de 12 SU 57, certes dont les performances restent hypothétiques, mais le signal est important en direction de la Tunisie, mais surtout le Maroc.
L’Algérie joue de son grandisme avec une Tunisie au bord de l’effondrement et exsangue, par la faute de ses enfants, tous in solidum, mais n’a pas pu accéder au rêve d’une fenêtre sur l’Atlantique au détriment du Maroc. Ce dernier, dans un autre registre a agi lourdement contre la Tunisie, mais en raison de son éloignement, il a développé un autre registre inamical et agressif vis-à-vis de la Tunisie, bien avant et après 2011, sur lequel nous allons revenir.
Fraternité de pacotille !!!
Mais reconnaissons au Maroc d’avoir fait subir au régime algérien la pire défaite diplomatique depuis 1962, au regard de ce que l’Algérie a fait subir à la Tunisie, nous ne boudons pas notre plaisir. La perte de l’illusion d’une fenêtre sur l’Atlantique rend le grandisme algérien de pacotille vide de sens.
Le Mali, autre victime expiatoire de l’Algérie des militaires, paie aujourd’hui sa tentative d’avoir soulevé devant les instances internationales les ingérences algériennes. Soudainement un terrorisme islamiste est réapparu au nord et va certainement faire tomber Bamako et sa junte militaire. Floué à l’ouest certains vont avoir la tentation de la profondeur, une tentation dont ils n’ont ni les moyens matériels, ni les moyens intellectuels. Concomitance étrange qui nous rappelle l’apparition soudaine du terrorisme au Chambi et qui avait été justifié il y a quelques mois par l’ancien membre des services de renseignements algérien réfugié en Europe.
La période qui se termine apporte la preuve que l’avenir de la Tunisie n’a jamais été avec son voisinage. Depuis 1962, dans l’affaire de Gafsa et depuis 2011, la preuve est faite que les pires adversaires sont ceux qui se drapent de fraternité de pacotille. Cet avenir ne se fera pas d’ailleurs avec le monde arabe pris dans sa globalité. Il suffit de mesurer sa « solidarité » à l’aune de ce qu’il a exporté vers la Tunisie.
T.B.
Politologue



