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JTC 2025: Forum théâtral international étalé sur trois jours

UniversNews (CULT) – Les travaux du forum théâtral international, organisé par le comité directeur de la 26ᵉ édition des Journées Théâtrales de Carthage, ont démarré le 24 novembre à Tunis pour s’étaler sur trois jours.

Ayant pour thème «L’artiste de théâtre, son temps et son œuvre», ce forum vise à rassembler des artistes dramaturges, auteurs dramatiques, metteurs en scène et universitaires en sciences humaines et sociales, venus de Tunisie et d’ailleurs.

Après le mot de bienvenue de Mohamed Mounir Argui, directeur artistique et président du comité d’organisation, qui a présenté l’événement, ses aspirations et ses objectifs, c’est l’auteur et metteur en scène tunisien Fadhel Jaïbi qui a ouvert la séance, introduit par l’écrivain, critique de théâtre et académicien Abdelhalim Messaoudi.

Ce dernier est revenu sur l’immense carrière de cette figure majeure du théâtre arabe : « Il m’est difficile de présenter cette grande expérience théâtrale de plus de 50 ans. Ce théâtre engagé alliant rigueur artistique et résonance sociale… Il me suffit de rappeler une série d’œuvres de référence signées par cette grande figure du théâtre tunisien et arabe », a-t-il affirmé, avant d’évoquer les moments clés du parcours de celui qui prône un théâtre d’“élite pour tous”.

Il a cité notamment Ghassalet Nwader, Familia, Comédia, Jounoun, Khamsoun (Corps otages), Yahia Yaïch (Amnésie), Tsunami, Peur(s), Violences, Martyrs et Le Bout de la mer.

« Vingt-sept pièces tout au long de sa carrière où Jaïbi n’a cessé de poser des problématiques et d’interroger la réalité tunisienne, ses paradoxes, ses fractures et ses aspirations », a noté Messaoudi.

« Notre souci premier est d’être témoin de notre époque. Ceux qui ont créé le théâtre ne parlait que de leur époque comme Sophocle, Eschyle et leurs travaux continuent à résonner encore aujourd’hui. Shakespeare était aussi ancré dans son pays, de même pour Brecht. Ce qu’il faut se poser comme question aujourd’hui est si le théâtre parvient à changer notre moi profond, notre inconscient, notre animalité? » , c’est ainsi que Fadhel Jaïbi a commencé son intervention.

Présenté par Ali Bennour, l’intervenant ivoirien Abdramane Kamaté a apporté une perspective singulière au forum : celle d’un gestionnaire culturel, un profil rarement invité dans un espace centré sur le théâtre. Fort d’un long parcours en gestion culturelle entre Abidjan, Paris, la Sorbonne et plusieurs directions d’Instituts français (Abidjan, Dakar, N’Djamena, Jakarta), il dirige aujourd’hui le MASA, la plus grande plateforme africaine dédiée au spectacle vivant.

Kamaté a exprimé sa volonté de servir directement le continent, convaincu de son immense potentiel créatif mais lucide sur les faiblesses de son écosystème culturel, encore instable et dépourvu de stratégies à long terme.

Il a appelé à décentrer le regard, à s’inspirer d’autres expériences du Sud comme celle de l’Indonésie, le Rwanda, la Corée du Sud, le Brésil, plutôt que de reproduire des modèles européens souvent inadaptés.

Kamaté conclut sur une conviction forte : « Nos ressources peuvent s’épuiser, mais pas notre créativité. À nous de la transformer ensemble en force. »

La parole a ensuite été donnée à la comédienne, metteuse en scène, cinéaste et directrice d’un institut public de formation supérieure en art dramatique et en animation culturelle basé à Rabat. Elle a été présentée par son compatriote Saïd Karimi, professeur-chercheur à l’Université Moulay Ismaïl de Meknès, spécialiste du théâtre, des arts et de la littérature moderne.

Cette figure de la scène culturelle marocaine a défendu une vision fondée sur la pensée plurielle et diversifiée, nourrie par un mouvement constant de construction et de déconstruction—un état d’esprit qu’elle associe à sa propre histoire marquée par une enfance nomade, fille de militaire.

Le public a ensuite rencontré le professeur émérite Mohamed Massoud Driss, présenté par l’acteur, metteur en scène et enseignant Youssef Mosbah Mars.

Cette intervention a permis de mettre en lumière un parcours riche, consacré à la recherche, à la gestion culturelle, à l’enseignement et à une production scientifique abondante.

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