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TS Bank: l’heure des décisions… plus celle des constats!!!

UniversNews (SEF) – Comme analysé par UniversNews, qui a tiré la sonnette d’alarme à plusieurs reprises sur la dégradation préoccupante de la situation financière et prudentielle de TS Bank, la rencontre tenue hier au ministère des Finances intervient à un moment charnière pour l’avenir de l’établissement.

La ministre des Finances, Mme Michket Slama Khaldi, a reçu M. Abderrahmane Ben Mohamed Addas, président du Conseil d’administration sortant, ainsi que M. Ihab Ben Youssef Lanjawi, président du Conseil d’administration nouvellement nommé, dans un contexte marqué par une perte de confiance croissante du marché et de fortes interrogations sur la viabilité de la banque.

Officiellement, les échanges ont porté sur l’avenir de TS Bank et sur la nécessité de mettre en œuvre une réforme globale axée sur l’amélioration de la gouvernance, la modernisation des mécanismes de gestion et une utilisation plus efficiente des ressources, afin de restaurer la crédibilité de l’institution et de lui permettre d’accompagner les priorités économiques communes à la Tunisie et à l’Arabie saoudite.

Mais cette réunion ne peut être dissociée des chiffres récemment publiés et analysés par Univers News. Les états financiers arrêtés au 31 décembre 2024, rendus publics le 2 janvier 2026, confirment que la crise n’est plus conjoncturelle mais profondément structurelle. L’exercice 2024 s’est soldé par une perte nette de –81,1 millions de dinars, après –73,9 millions en 2023 et –102 millions en 2022, portant les pertes cumulées sur trois exercices à plus de 257 millions de dinars.

Le signal le plus alarmant demeure celui de fonds propres durablement négatifs. Au 31 décembre 2024, ils s’établissent à –126,5 millions de dinars, contre –45,4 millions un an plus tôt. Le capital social de 100 millions de dinars est entièrement absorbé, plaçant la banque bien au-delà des seuils prudentiels et posant frontalement la question de la continuité d’exploitation.

Dans un secteur bancaire fondé sur la confiance, l’absence persistante d’un plan de recapitalisation clair, chiffré et assorti d’un calendrier précis devient en elle-même un facteur de risque. Le silence de l’actionnaire stratégique, pourtant présenté comme un pilier de solidité, alimente une interrogation de plus en plus ouverte sur le marché quant à la responsabilité financière réelle dans ce dossier.

Le changement à la tête du Conseil d’administration envoie un signal institutionnel, mais il ne saurait, à lui seul, répondre à l’ampleur de la crise. Comme l’a souligné à plusieurs reprises Univers News, le temps des constats est révolu. Sans décisions rapides, sans transparence accrue et sans soutien financier immédiat, le silence pourrait devenir le dernier accélérateur d’une crise de confiance que le système bancaire tunisien ne peut se permettre.

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