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Facturation électronique… et cri de détresse des Comptables tunisiens!!!

UniversNews (SEF) – L’obligation de facturation électronique, entrée officiellement en vigueur le 1ᵉʳ janvier 2026, suscite un vif débat en Tunisie, entre aspirations de modernisation fiscale et inquiétudes des professionnels face à ses conséquences juridiques et économiques. Cependant, plusieurs comptables en Tunisie alertent sur les risques juridiques et économiques d’une mise en œuvre généralisée trop rapide.

Les comptables tunisiens ont lancé un SOS de détresse quant à la situation délétère dans laquelle se trouve leur profession. Mohamed Ahmed Hadidane, membre de la Compagnie des comptables tire la sonnette d’alarme précisant que l’exercice de leur mission est devenu un calvaire où l’exigence de conformité frise l’impossible. Le séisme du 1er janvier 2026 est la facture électronique « Depuis le début de l’année, explique-t-il, la facture électronique est devenue obligatoire. Si l’intention de modernisation est louable, la réalité sur le terrain est catastrophique pour ces raisons :

  • Manque de préparation technique : Une transition digitale est imposée aux comptables sans visibilité ni protocoles d’adhésion.
  • Absence d’interlocuteur : Les comptables sont livrés à eux-mêmes. Face aux bugs, aux questions d’interopérabilité et aux difficultés d’implémentation chez les clients, ils ne trouvent aucun interlocuteur capable de les guider avec précision.
  • Une épée de Damoclès : Malgré ce flou artistique, les sanctions prévues sont d’une lourdeur sans précédent. On punit avant même d’avoir instruit ?
  • L’instabilité législative chronique : Les comptables se considèrent comme des conseillers, comme des « urgentistes » législatifs. La règle change, se complique, et ils doivent l’appliquer instantanément sous peine de sanctions.
  • La pression de la Responsabilité : L’État délègue son rôle de contrôle aux professionnels comptables. Les comptables portent le poids de la conformité d’un système que l’administration elle-même peine à clarifier.
  •  Insécurité Juridique et Technique : Comment les comptables peuvent-ils certifier ou conseiller quand l’outil technologique imposé est une boîte noire et que les textes sont sujets à interprétations multiples ? »

Mohamed Ahmed Hadidane estime que le constat est amer : «Nous passons désormais 80% de notre temps à lutter contre des plateformes capricieuses et à déchiffrer des textes répressifs, au lieu d’accompagner la croissance des entreprises tunisiennes. Le professionnel comptable n’est pas un magicien. On ne peut pas exiger une révolution numérique par décret sans fournir les outils, le temps et l’assistance nécessaires. Si le pilier de la transparence s’effondre sous le poids de l’absurde, c’est toute l’économie qui perd sa boussole. » dit-il. (M.S)

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