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La peine de mort bientôt réactivée en Tunisie ??

UniversNews – La question de la peine de mort refait surface en Tunisie. Moez Bessaïdi, président de la chambre correctionnelle près la Cour d’appel de Tunis, a indiqué que le président de la République Kaïs Saied envisage, prochainement, de signer l’exécution de condamnations à mort concernant les crimes les plus graves, en particulier ceux touchant la sécurité nationale et les actes terroristes.

En Tunisie, La peine capitale reste inscrite dans le Code pénal, mais son application est suspendue depuis plus de 30 ans. Naceur Damergi fut la dernière personne exécutée en 1991.
Depuis, aucun président n’a validé d’exécution, même si les tribunaux continuent de prononcer des peines de mort pour certaines affaires jugées particulièrement graves.
Juridiquement, la Tunisie applique ainsi un moratoire : la peine existe mais n’est pas mise en œuvre.

Ce choix se retrouve dans d’autres pays arabes comme le Maroc, l’Algérie ou le Liban, alors que que Djibouti est le seul pays arabe à avoir aboli définitivement la peine capitale.

Dans le monde arabe, certains pays continuent pourtant d’exécuter cette sanction avec régularité. Selon les rapports des organisations de défense des droits humains, l’Arabie Saoudite et l’Égypte figurent parmi les nations qui prononcent et appliquent le plus de condamnations à mort chaque année.

Mais l’efficacité de cette peine comme moyen de dissuasion reste largement contestée : plusieurs pays qui la pratiquent enregistrent toujours des taux de criminalité élevés, remettant en question l’idée que la peur de la peine capitale réduirait réellement les délits.

En Tunisie, le débat est encore plus sensible car il mêle enjeux juridiques, politiques et droits humains. La décision de réactiver la peine de mort pourrait avoir un impact majeur sur l’image du pays à l’international et sur la perception de la justice par les citoyens.

Si le président Kaïs Saied signe la reprise des exécutions, cela marquerait une rupture nette avec plus de trois décennies de moratoire et relancerait un débat national intense sur l’éthique, la sécurité et les droits humains.

Pour l’instant, tout reste suspendu à la décision officielle, et les prochaines semaines seront déterminantes pour l’avenir de cette sanction controversée en Tunisie.

KS

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