
Universnews – L’Assemblée des représentants du peuple examine, mardi, en plénière un projet de loi portant régularisation des dettes agricoles. Ce projet de loi met en lumière une réalité bien plus profonde : la capacité du pays à garantir sa sécurité alimentaire est directement fragilisée par les dysfonctionnements structurels de son agriculture et les difficultés auxquels font face les agriculteurs de la première ligne.
Selon la partie initiatrice du projet de loi, plus de 50 000 agriculteurs tunisiens sont aujourd’hui étranglés par des dettes bancaires qu’ils ne parviennent plus à honorer. Classés en situation de défaut dès qu’ils cessent de rembourser pendant plus d’un an, ils se voient coupés de tout nouveau financement.
Leurs exploitations sont à l’arrêt — et avec elles, une part significative de la production alimentaire nationale.
Le projet de loi prévoit la suppression des intérêts de retard. Les agriculteurs souhaitant régulariser leur situation devront verser 5 % du capital de la dette lors du dépôt de leur demande, tandis que ceux optant pour un remboursement immédiat et intégral bénéficieraient d’une réduction de 50 % des intérêts contractuels. Un précédent alarmant justifie l’urgence : en 2012, un programme similaire n’avait abouti qu’à 88 régularisations sur 33 000 agriculteurs concernés !!
Ce projet de loi constitue une première réponse à une crise structurelle dont les conséquences dépassent largement le cadre financier. Sa réussite dépendra toutefois de la capacité des mécanismes proposés à convaincre là où les précédentes tentatives ont échoué — et surtout, à redonner aux agriculteurs tunisiens les moyens de produire et de nourrir leur pays.
L’histoire récente a montré que les bonnes intentions ne suffisent pas : en 2012, les dispositifs similaires avaient échoué faute d’incitations adaptées.
KS



