
UniversNews (Agriculture) – L’arrivée du printemps y insuffle une intense activité, accompagnée du parfum des fleurs d’orangers qui embaume les champs, les ruelles et les rues, presque toujours ornées de bigaradiers (Z’har). La production de cette saison, qui a commencé à la mi-mars et se poursuit jusqu’à la fin avril, devrait atteindre 2 000 tonnes, soit une augmentation de près de 10 % par rapport à l’année dernière, selon les estimations de l’Union régionale de l’agriculture et de la pêche de Nabeul.
Les producteurs de fleurs de jasmin se plaignent de nombreuses difficultés récurrentes, notamment le coût élevé de la production face à la faiblesse des prix de vente. Ces cinq dernières saisons, le prix n’a pas dépassé 25 dinars les 4 kg, et est même parfois descendu jusqu’à 20 dinars. Certains ont du mal à trouver du personnel pour la cueillette de ses arbres. La cueillette à la main est la plus répandue mais elle nécessite un vrai savoir-faire pour ne pas abîmer l’arbre et les fruits. A l’opposé, les outils électriques permettent un gain de productivité, à l’instar des peignes vibreurs. En peignant les branches, les dents de l’outil oscillant à haute fréquence font chuter toutes les fleurs sans effort. Mohamed, exploitant agricole de Bouargoub, peine à trouver des ouvriers pour la cueillette.
La rentabilité en question !!!
«La hausse du coût de la main-d’œuvre nous pousse au recours à la mécanisation lors de la récolte. Ce qui nuit à la qualité de nos fleurs. Nous sommes obligés parfois de partager la production avec la main d’œuvre recrutée » dit-il. Il est vrai que recruter un ouvrier pour la cueillette des fleurs dépasse les 40 dinars. Ce qui n’est pas rentable pour l’exploitant agricole. Ainsi la disponibilité limitée de la main-d’œuvre entraîne des pertes de production, une réduction des surfaces cultivées et une augmentation des coûts de production. Certains producteurs ont souvent recours à des arrangements alternatifs tels que le partage des recettes de la récolte avec les travailleurs.
Les agriculteurs ont appelé ainsi à la mise en place d’un prix minimum tenant compte de la hausse constante des coûts de production. Ils ont également exigé des solutions aux problèmes qui affectent ce secteur, considéré comme un emblème de la région, d’autant plus que la surface cultivée dépasse 400 hectares, principalement situés dans les délégations de Bouargoub, Beni Khiar, Dar Chaabane El Fehri et Nabeul. Ils ont exhorté les autorités de tutelle à prendre les mesures nécessaires pour réguler et restructurer le secteur, limiter le pouvoir des transformateurs et lutter contre la spéculation et les monopoles. Ils ont insisté sur la nécessité de réguler le marché, d’accroître le nombre de points de vente et de fixer un prix couvrant les coûts de production. Fawzi de la délégation de Bouargoub a évoqué les pertes subies par les agriculteurs ces dernières saisons en raison de la baisse des prix de vente. Il a appelé à des mesures contre les acteurs extérieurs au marché afin de garantir la stabilité du secteur et de protéger les agriculteurs contre les pertes.
Les préparatifs pour le festival du Z’har
Grâce à son originalité, ses spécificités et son enracinement dans la mémoire collective, le festival du Z’har qui aura lieu cette année en avril est un événement reconnu aux niveaux national et international, étant donné qu’il jouit d’une grande attractivité touristique et contribue de la sorte au rayonnement de Nabeul. Ainsi dans le cadre de ce festival, des journées promotionnelles seront organisées autour de cette fleur emblématique de la région en présence des médias, des agences de voyage et des partenaires institutionnels. Les participants auront l’opportunité de visiter une parcelle de bigaradiers et de découvrir l’histoire et les vertus du bigarade et de la fleur d’oranger ainsi que la Société mutuelle de services agricoles pour assister à la distillation moderne et traditionnelle et à l’extraction du néroli. Cette fête est aussi l’occasion pour les visiteurs de découvrir sa petite foire et les produits artisanaux et agricoles de la région à Dar Nabeul ou une exposition-vente et un cooking show autour de l’eau de fleur d’oranger sera organisé par l’institut de formation dans les métiers du tourisme de Nabeul. (M.S)



