
UniversNews – La première réunion de l’Instance Administrative Nationale de l’UGTT, tenue ce 16 avril 2026, s’est déroulée dans une atmosphère de gravité qui témoigne de l’urgence de la situation sociale en Tunisie. Sous la direction de son Secrétaire Général, Slah Eddine Selmi, la centrale syndicale a d’abord tenu à saluer la réussite de son 26ème Congrès, y voyant une preuve de la solidité de ses structures démocratiques. Cependant, ce succès interne contraste violemment avec une réalité nationale marquée par une crise économique profonde et un blocage institutionnel préoccupant.
Le principal point de discorde réside dans l’absence prolongée de dialogue social. L’UGTT dénonce avec force le mutisme des autorités et le gel des mécanismes de concertation à tous les niveaux. Pour l’organisation, ce manque de communication n’est pas seulement une impasse politique, c’est un danger social qui empêche toute réforme sérieuse et aggrave les tensions. Le syndicat réclame un retour immédiat à la table des négociations, seul rempart contre l’instabilité et seule voie pour transformer les revendications populaires en politiques concrètes.
Sur le front économique, l’indignation est palpable face à l’érosion sans précédent du pouvoir d’achat. L’UGTT pointe du doigt une inflation galopante et une défaillance des mécanismes de contrôle des prix, laissant les travailleurs dans une précarité croissante. En réponse, la centrale exige une augmentation généralisée des salaires dans tous les secteurs (public, privé et fonction publique), ainsi qu’une revalorisation du salaire minimum et des pensions de retraite. Elle insiste particulièrement sur le respect des engagements passés pour l’année 2025, rappelant que la crédibilité de l’État repose sur le respect des accords signés.
Par ailleurs, l’organisation souligne que la défense des droits économiques est indissociable de la protection des libertés fondamentales. En réclamant la libération du syndicaliste Sounki Assoudi et l’arrêt des poursuites contre les militants, l’UGTT réaffirme son rôle de gardienne de l’État de droit. Pour le syndicat, la dignité des Tunisiens passe par la liberté d’expression et l’indépendance de l’action syndicale. Cet appel à la résistance culmine dans une invitation à une mobilisation massive pour le 1er mai, date qui devra symboliser l’unité et la force de la classe ouvrière tunisienne.
Enfin, fidèle à sa dimension internationale, l’UGTT ne ferme pas les yeux sur les bouleversements régionaux. Elle réitère son soutien indéfectible au peuple palestinien et condamne fermement les agressions visant le Liban et la souveraineté de l’Iran. En plaçant ces luttes de libération au cœur de ses priorités, la centrale syndicale rappelle que son combat pour la justice et la dignité ne s’arrête pas aux frontières nationales, mais s’inscrit dans une quête universelle de paix et de droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.
KS



