
UniversNews – Le dernier rapport financier de la Banque Centrale de Tunisie (BCT) révèle une baisse de plus de 2,2 milliards de dinars des avoirs en devises au cours de l’exercice 2025. Entre remboursements massifs de la dette et difficultés d’accès aux financements extérieurs, l’institution a dû compter sur les Tunisiens de l’étranger pour limiter la casse.
L’année 2025 s’est clôturée sur une note contrastée pour les finances extérieures de la Tunisie. Selon les états financiers publiés par la BCT, les avoirs en devises se sont établis à 25 134,4 MD, affichant une diminution de 8,2 % par rapport à l’année précédente.
Cette érosion, représentant une perte sèche de 2 249,4 MD, s’explique par un effet de ciseaux : des besoins de financement élevés combinés à un accès toujours restreint aux marchés financiers internationaux.
Le principal facteur de ce recul reste le remboursement des échéances internationales. L’année 2025 a été marquée par plusieurs rendez-vous cruciaux pour le Trésor public :
• Eurobond 2015 : Le règlement majeur de janvier, s’élevant à 1 028,8 millions USD (capital et intérêts).
• FMI : Le remboursement de 1 434,1 MD au titre des programmes de financement rapide et de la facilité élargie de crédit.
• Autres créanciers : Des versements importants ont été effectués auprès de l’Afreximbank (plus de 560 MD) et de l’Arabie Saoudite (164,4 MD), sans oublier le remboursement partiel d’un dépôt algérien datant de 2015.
Face à ces sorties massives, les nouveaux tirages de fonds extérieurs sont restés modestes, totalisant 1 920 MD, provenant principalement de la Banque européenne d’investissement (BEI), de la Banque mondiale et de la BAD.
Si le solde ne s’est pas davantage dégradé, c’est grâce à la performance des secteurs pourvoyeurs de devises. La « dynamique favorable » relevée par la BCT a permis de compenser partiellement le déficit du Trésor.
« L’amélioration des recettes touristiques et des transferts des Tunisiens résidant à l’étranger (TRE) a permis à la BCT de réaliser des achats nets de billets de banque étrangers de l’ordre de 4 700 MD », précise le rapport.
Ces flux de liquidités ont agi comme un véritable rempart, permettant de stabiliser le stock de devises à un niveau stratégique malgré un contexte de remboursement de dette particulièrement dense.
KS



