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La natte nabeulienne fait son show: Art du tissage et… créativité sans fin!!!

UniversNews (Patrimoine) – L’art du tissage des nattes est l’une des plus anciennes et des plus diverses traditions artisanales à Nabeul. Les styles, avec leurs formes géométriques et leurs palettes de couleurs, ainsi que les techniques de tissage et les matières premières varient d’un artisan à l’autre. Ces créations originales, sont ensuite commercialisées dans des souks ou dans les médinas de villes plus grandes à destination des touristes. Pour revaloriser ce métier, la maison de la culture de Nabeul organise ce weekend les journées de l’artisanat des nattes avec au programme des expositions des nattes, des ateliers d’initiation et des films documentaires

Du jonc à la natte : la touche artisanale du nattier

Il est vrai que cet artisanat a connu ses heures de gloire à la fin du 19ème siècle, avait presque sombré dans l’oubli lors de l’introduction de tissus de confection industrielle, avant de renaître de ses cendres. Ces   nattes qui couvrent les parquets des mosquées et des mausolées, les entrées des maisons, les banquettes des cafés sont étalées au milieu des patios ou sur les terrasses. Ces nattiers sont déterminés à perpétuer ce métier très ancien dans le quartier du Rbat à Nabeul.

Les ateliers, souvent attenant à la maison, sont signalés par des bottes de joncs dressés devant le seuil, jaune, vert, bordeaux et bleu violet. Le jonc vert (smar) se récoltait entre la mi-juin et la fin juillet dans les sebkhas et sur les bords des oueds aux environs de la ville de Nabeul. En effet, sa préparation pour le tissage nécessitait savoir-faire et grande patience.

Les joncs sont triés selon les teintes, la taille et le calibre pour assurer l’homogénéité de la trame et l’unicité tinctoriale de chaque pièce. Puis le nattier s’applique à teindre les joncs de différentes couleurs afin de constituer le stock nécessaire pour l’année. Une fois les fibres prêtes à l’emploi, les artisans peuvent commencer à tresser l’objet. C’est avec leurs doigts qu’ils font passer les fibres de la trame entre les fils de la chaîne, les doigts jouant ici le même rôle que la navette dans un métier ordinaire. Un travail patient et méticuleux fait à la main de bout en bout. Une offre variée et une demande toujours aussi forte.

Perpétuer ce métier artisanal ancestral

Nabeul essaie de perpétuer ce métier artisanal ancestral. Il incarne la profondeur du patrimoine local. Malgré les mutations du secteur, cette activité résiste. Elle demeure un symbole culturel, économique et touristique, reflet de l’identité et de l’authenticité de la région depuis des siècles. Pour sauver ce métier, l’Office national de l’artisanat tunisien (ONAT) œuvre pour revaloriser le tissage des nattes comme l’a souligné Sana Mansour Ezzine, déléguée régionale de l’artisanat à Nabeul.

«Notre objectif consiste à donner au métier de la sparterie une dimension internationale et à valoriser son rôle dans l’enrichissement du patrimoine culturel national tunisien. Avec leurs nombreux atouts, les fibres végétales, notamment les nattes de Nabeul disposent d’un fort potentiel pour conquérir les marchés. Pour revaloriser ce métier, notre hub organise des sessions de formation pour les artisans qui veulent innover. C’est le premier coworking space en Tunisie spécialisé dans l’artisanat et le design, géré par l’association Cluster Art de la table Nabeul en partenariat avec L’ONA. Le Hub Design Nabeul offre une panoplie de services d’accompagnement, d’incubation, de formation, de réseautage, de prototypage, d’impression 3D aux artisans, designers, étudiants en arts et créateurs et passionnés d’artisanat et ce à travers des coopérations avec les différentes structures: La fondation Swisscontact en Tunisie (Programme TAKWEEN), l’UTSS  (Programme CO’ART) Créative Tunisia (Programme réalité économique -broderie /habillement Nabeul-Hammamet ) et Cawtar (Projet de partenariat avec l’AECID, intitulé «leadership transformatif pour une gouvernance locale inclusif»).  Nous continuons à encadrer les artisanes de Somaâ et Menzel Témime qui utilisent les feuilles de palmier plus connues sous le nom de Joumar.   La tendance des accessoires en fibres 100 % végétales se confirme cette saison. Smar, ou encore fibres de palmiers, les fibres végétales sont nombreuses ! Elles s’utilisent aussi bien en déco qu’en prêt-à-porter. Même les bijoux, les fechkas du zhar et les cartables, se font maintenant en smar». (M.S)

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