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Equipe nationale : Ok pour Mouine Chaabani, mais pour le reste, on passe l’éponge ?

 La bonne nouvelle, c’est l’imminente désignation de Mouine Chaabani comme sélectionneur national. En l’occurrence, le club de Berkane , au nom des liens de fraternité entre la Tunisie et le Maroc, l’a libéré, passant outre une importante close libératoire. Tout à son honneur.

Après tant d’atermoiements après le limogeage inélégant de Sami Trabelsi, avec un curieux questionnement sur le sexe des anges autour du profil de celui qui devait lui succéder (Tunisien, étranger ?) et l’intronisation de Sabri Lamouchi, binational, puis la ridicule arrivée d’Hervé Renard, en plein Mondial, juste pour deux matchs et une pige qui lui tombe du ciel, après tout cela, donc, on fait le choix judicieux de donner les clés à Chaabani. Celui-ci avait pratiquement tout gagné avec l’Espérance pour ensuite faire les beaux jours de l’équipe marocaine de Berkane.

Le problème est-il pour autant résolu ?

Sans doute, le ministre des sports s’est-il impliqué en personne pour le recrutement de Chaabani. Soit. Mais on attendait plus. On s’attendait en effet à une reddition des comptes par rapport aux hautes turbulences en ce Mondial de la honte. Trois défaites sur des scores lourds, manœuvres en sourdine de membres fédéraux dictant leurs choix à Lamouchi, qui a d’ailleurs enfin parlé (cf notre journal dans sa publication d’hier) et qui ressent son limogeage comme une méprise insinuant aussi qu’on lui a fait un enfant dans le dos. Et, puis, le mystère derrière l’appel à Hervé Renard qui s’est finalement foutu de nos gueules (et de leurs gueules) parce, dès sa désignation, il était déjà dans la psychologie d’un partant.

On sait que le ministère ne peut rien contre le bureau fédéral. C’est le diktat de la FIFA, à moins de malversations, ou autres délits graves. Même pour une raison d’Etat.
Le ministère est donc camisolé. 

Einstein dit qu’on ne peut pas résoudre un problème avec ceux-là mêmes qui l’ont créé. D’accord. Mais enfin, doit-on encore donner crédit à un bureau fédéral qui est la totalité unitaire ( Sartre) de ce monstrueux gâchis ?

On n’a pas eu vent d’un quelconque mea culpa, ni à un récit précis de ce qui s’est produit. Alors quoi : on passe l’éponge ? En fait, c’est ça. C’est donc la mauvaise nouvelle : Chaabani  est l’arbre qui cachera la forêt.

Et si, finalement, l’équipe nationale n’est que le reflet de la situation alarmante du football national ? Oui, la réponse est dans la championite exigue,  dans les rivalités  exacerbées et dans les maux des mots et dans les déferlantes outrageuses sur les réseaux sociaux ?


Infrastructure défaillante, pas de produit local de jeunes footballeurs, pas de formation (clientélisme au sein des clubs) tant est si mal qu’on a systématiquement recours aux binationaux, eux-mêmes, galérant dans des clubs sans notoriété internationale : le mal est là aussi.

Cela a fait que, tout le long de la désastreuse participation à ce maudit Mondial, l’imaginaire collectif a exhumé l’épopée de l’Argentine 1978. On s’est réfugié dans le mythe et encore heureux qu’il soit encore de ce monde.

On dit que le football est l’opium du peuple : ça l’avait  effectivement été avec Chetali et son équipe, puisque qu’ils ont retardé la déflagration de janvier 1978. Sauf que, pour qu’il soit l’opium et l’élixir ne serait ce que pour une tranche de vie, ce football doit être gagneur!

Plutôt que d’opium (on n’en a plus besoin depuis janvier 2011) nous avons besoin de bonheur. Comme celui que nous a donné la grande Ons Jaber.

Raouf Khalsi

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