
En Tunisie, la voie adoptée par les jeunes bacheliers reste majoritairement l’université. Dès les années de lycée, les élèves planifient leurs études supérieures dans des filières académiques variées, reléguant souvent la formation professionnelle au second plan. Pourtant, ce secteur, doté d’un potentiel remarquable, mérite une reconsidération profonde. Face à un marché du travail en pleine mutation et à la montée en puissance du numérique, la formation professionnelle ne pourrait-elle pas constituer une alternative crédible ?
Loin d’être une voie sans issue, la formation professionnelle offre des horizons que l’éducation universitaire ne garantit toujours pas. En effet, les métiers techniques et manuels qu’elle enseigne sont intrinsèquement liés à notre quotidien et répondent aux exigences du marché du travail. Qu’il s’agisse de l’électricité, de la menuiserie, de la plomberie, de la mécanique ou du textile, ces compétences sont ancrées dans les besoins fondamentaux de la société. Elles présentent un atout majeur surtout qu’elles nne seront pas remplacées par l’intelligence artificielle. On ne peut tout simplement pas se passer d’un électricien qualifié, d’un artisan brodeur ou d’un technicien de maintenance. Ces métiers sont impératifs au quotidien, et une personne spécialisée et expérimentée dans ces domaines reste non seulement indispensable, mais aussi efficace.
Le potentiel des centres de formation en Tunisie est d’ailleurs considérable. Le pays dispose de 136 centres proposant plus de 270 spécialités couvrant des secteurs variés, comme l’industrie, la menuiserie, l’électricité, le textile, la broderie, les arts appliqués, le génie technique, et bien d’autres. Ces filières ouvrent des perspectives larges et prometteuses, notamment avec un accompagnement et un soutien institutionnel adéquats. Surtout, les apprenants passent 50 % de leur formation dans le centreet 50 % en pratique au sein des entreprises, ce qui leur permet de s’habituer progressivement à la vie professionnelle.
Taux d’intégration de 100%
Par ailleurs, les inscrits peuvent bénéficier de bourses d’études, ce qui allège les contraintes financières et en fait un choix rentable. Mais l’argument le plus convaincant réside sans doute dans l’insertion professionnelle. Dans une déclaration récente sur Jawhara FM, le ministre de l’Emploi a affirmé que le taux d’intégration des diplômés de la formation professionnelle dans le monde du travail est environ les 100 %. Un chiffre qui témoigne de l’efficacité de ce système pour répondre aux besoins immédiats des entreprises et pour lutter contre le chômage des jeunes.
En définitive, la formation professionnelle ne doit plus être perçue comme une simple alternative à l’échec scolaire ou comme une filière dévalorisante, mais comme un véritable levier de création d’emplois, d’entrepreneuriat et de développement économique pour la Tunisie. Il est urgent de dépasser les stéréotypes qui la relèguent au second plan et d’encourager une politique d’orientation qui valorise les compétences techniques. Ces métiers d’avenir, par leur résilience et leur utilité sociale, sont les garants d’une prospérité durable pour la jeunesse tunisienne.
Balkis Layouni



