
Tunis – Univers News. Au-delà de l’enjeu de santé publique, toute la profession médicale esthétique (médecins, chirurgiens et dermatologues) est aujourd’hui menacée par le développement exponentiel des fake-injectors . Mais à côté d’un secteur formel, un marché parallèle est en train de se développer. Dans ces circuits parallèles, l’esthétique devient une prestation de proximité, au même titre qu’une manucure ou une coloration. On y promet un visage rajeuni, des lèvres repulpées ou un nez affiné en quelques minutes, pour une fraction du prix pratiqué dans un salon de beauté.Loin d’être anodines, ces interventions illégales peuvent entraîner de graves complications : nécroses des tissus, infections dues à l’absence de stérilisation du matériel ou lésions vasculaires, par exemple.Il faut de longues années d’études et des formations complémentaires aux médecins pour connaître l’anatomie du visage et ses spécificités afin de réaliser des injections. Des connaissances que ne possèdent pas les injectrices clandestines. Pour faire face ces intrus de la profession, le syndicat tunisien des chirurgiens esthétiques a annoncé ce vendredi, dans un communiqué, la publication imminente du cahier des charges des centres de chirurgie esthétique et la réglementation du secteur. Le syndicat considère ce document comme une avancée significative qui permettra de lutter contre les pratiques illégales et de combler le vide juridique à l’origine d’un chaos considérable. Selon le communiqué, le cahier des charges permettra également une meilleure réglementation des pratiques et définira les exigences nécessaires pour garantir la sécurité des patients et distinguer clairement les professionnels de santé qualifiés et agréés des centres opérant en dehors du cadre légal.
Le syndicat a souligné que ce combat n’était dirigé contre aucune profession ni aucun individu en particulier, mais bien pour la sécurité des patients, la qualité des soins et le respect de la loi. Il a rappelé que la chirurgie esthétique est une spécialité médicale à part entière qui requiert une formation médicale, des compétences spécialisées, un équipement adapté, la connaissance des complexités et, surtout, la capacité de prendre en charge les patients en cas d’accident.
Le syndicat a déclaré que la reconnaissance de ce problème par les autorités constitue un progrès, soulignant qu’il continuera de collaborer avec les autorités compétentes afin de garantir la mise en œuvre des décisions prises et que la chirurgie esthétique soit pratiquée dans un cadre sûr et réglementé, respectueux des patients. Il a également salué l’engagement des médecins envers l’intérêt supérieur de la profession, considérant la déclaration du Conseil médical sur l’exercice illégal de la profession comme une étape importante pour la protection de la santé publique et la défense de la médecine légitime.
Le syndicat a estimé que ce progrès est le fruit d’années de travail approfondi mené par des spécialistes, notamment du syndicat tunisien des chirurgiens esthétiques, qui n’a cessé d’alerter les autorités sur les dangers de la pratique non réglementée de la chirurgie esthétique, en soulignant les différentes étapes du travail entrepris à cet égard.
k.B



