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Organisation du temps scolaire à l’école : pour une réforme progressive et réfléchie

L’aménagement du temps scolaire en Tunisie vise à réduire la surcharge des élèves, à améliorer l’efficacité pédagogique et à s’adapter aux standards internationaux. Les réajustements horaires cherchent à mieux répartir le temps entre les matières fondamentales et les disciplines complémentaires, en privilégiant la qualité de l’apprentissage et en évitant des journées trop fatigantes, en particulier pour les plus jeunes Les rythmes scolaires ont été repensés à plusieurs reprises et des ajustements ont été réalisés. Le défi à venir reste l’organisation de l’année scolaire et la répartition des vacances scolaires.

De nombreuses études montrent en effet aujourd’hui que notre système éducatif est pour le moins inadapté aux besoins des enfants. À écouter ces experts, leur semaine est trop morcelée, les journées des plus petits sont trop longues et celles des adolescents commencent trop tôt. Ridha Zahrouni ,Président de l’Association tunisienne des parents et des élèves est d’accord sur le caractère contraignant du temps scolaire pour nos enfants élèves et depuis plusieurs années. « Toutes les études, tous les rapports et tous les spécialistes tirent la sonnette d’alarme sur la gravité de ce sujet et insistent sur la nécessité de l’aménager pour permettre à nos enfants de disposer d’un temps social, aussi important pour eux, pour pratiquer des activités culturelles, sportives ou de loisirs ou même pour se reposer tout simplement. Un temps social dont ils ont impérativement besoin pour s’épanouir et vivre leur enfance ou adolescence correctement.Néanmoins pour faire des propositions qui ont un sens, il faut mobiliser des fonds pour ce projet,  définir ou arrêter préalablement les horaires nécessaires pour chaque matière, pour chaque phase d’enseignement et pour chaque année. Une projection qui doit être dessinée par plusieurs intervenants et spécialités. Il faut tenir compte également de capacités d’accueil par structure dont dispose le pays notamment en termes de classes et d’enseignants.  Une fois ces éléments arrêtés et collectés on peut parler alors de l’organisation du temps scolaire, en termes de nombre de semaines à enseigner ou rythme scolaire, de crédit horaire par semaine et d’emplois de temps journalier.Il est vrai que  nos régions ne sont pas outillées en capacités d’accueil de la même façon, la vie sociale et économique diffère d’une région à une autre, l’environnement et le climat le sont aussi, C’est pourquoi, je préconise d’encourager une certaine liberté d’agir pour les responsables locaux et les chefs des établissements scolaires, bien entendu, dans le cadre d’objectifs à atteindre et de résultats à réaliser .Toutes les décisions qui concernent l’organisation des temps scolaires  doivent prendre en compte l’intérêt supérieur de l’enfant »

Débat sur le rythme scolaire : impliquer toute la société  

La modification du rythme scolaire ne peut pas être traitée de manière précipitée ou superficielle. Toute réforme nécessite un dialogue structuré réunissant spécialistes, enseignants et inspecteurs pour identifier les dysfonctionnements actuels et proposer des solutions objectives et adaptées aux particularités des programmes scolaires et aux besoins de la société. Les changements doivent se faire de manière réfléchie et progressive, dans un cadre pédagogique, scientifique et éducatif, après consultation des pédagogues et des spécialistes à travers des ateliers nationaux visant à évaluer le rythme scolaire actuel et ses impacts sur la performance des élèves et des enseignants  Certains éducateurs pensent qu’il faut  interroger les enfants et les parents qui sont tout de même les premiers concernés. Est-ce qu’il y a assez d’éléments justifiant la mise en place de la séance unique ? Pourquoi dès lors tout ce bouleversement ?  Faut-il des consultations locales et régionales ? Quelle est la position  des syndicats enseignants, des associations de parents d’élèves et les instances du ministère de l’Éducation ?.Le conseil supérieur de l’éducation a-t-il  son mot à dire ?. Il ne faut pas croire que l’école sera meilleure parce qu’on y va moins souvent ! Faut-il donner la liberté à nos écoles ? Et si chaque école, avec son équipe pédagogique, avec les parents d’élèves, s’efforçait de trouver par eux-mêmes la solution la plus adéquate ? L’application progressive de ces changements pourrait commencer dès l’école primaire et s’étendre au secondaire, avec une priorité pour les zones rurales et isolées, où les élèves et les enseignants font face à des difficultés de transport, de restauration et d’hébergement. Toute modification du rythme scolaire en Tunisie doit faire l’objet d’une étude approfondie intégrant les dimensions pédagogiques, légales, organisationnelles et sociales. Un changement hâtif risquerait de créer davantage de confusion et de difficultés pour le système éducatif, alors que l’objectif reste de l’améliorer progressivement et durablement.

                                 Mohamed Sélim

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