UniversNews (SEF) – L’économiste Aram Belhadj a publié un post facebook où il dresse une analyse prospective des conséquences de la guerre au Moyen-Orient sur les prix internationaux du pétrole et sur les équilibres macroéconomiques de la Tunisie
* Le scénario le plus probable est celui d’un conflit figé (c’est-à-dire le maintien de la situation actuelle sans résolution). Le prix du baril se situerait alors entre 95 et 110 dollars, entraînant un déficit budgétaire avoisinant les 20 milliards de dinars, un deficit commercial proche de 25 milliards de dinars et des réserves de change se situant au seuil des 90 jours d’importation à la fin de l’année.
* Le deuxiéme scénario est une désescalade négociée réduisant les tensions dans le détroit d’Ormuz (et peut-être aussi à Bab el-Mandeb). Dans ce cas de figure, le prix du baril retomberait entre 75 et 85 dollars, ce qui stopperait l’érosion des réserves et ralentirait l’aggravation des deux déficits, tout en permettant une baisse progressive de l’inflation vers les 5 %.
* Le scénario le moins probable (mais le plus dangereux) est celui d’une escalade majeure, impliquant une frappe américano-israélienne d’envergure, le retrait de l’Iran du Traité sur la non-prolifération nucléaire (TNP) et une fermeture quasi totale des détroits d’Ormuz et de Bab el-Mandeb. Le prix du baril de Brent grimperait alors entre 130 et 150 dollars, provoquant un déficit financier supérieur à 22 milliards de dinars, une inflation pouvant dépasser les 8 % et une chute des réserves de change en dessous du seuil des 90 jours.
L’essentiel à retenir, pour l’heure, est que l’impact passe principalement par le canal commercial plutôt que monétaire .Cela s’explique par le gel des prix des hydrocarbures, qui transfère le choc vers la balance des paiements plutôt que directement vers le portefeuille du consommateur. Toutefois, cette équation changerait inévitablement si le premier scénario, et surtout le troisième, venaient à se concrétiser.
