
UniversNews (SEF) – Dans une analyse de la situation économique précaire de la Tunisie, l’économiste Aram Belhaj a mis en garde contre les répercussions du conflit qui ravage le Moyen-Orient sur la stabilité financière du pays à l’horizon 2026. Il a souligné que le déficit budgétaire projeté, estimé à environ 11 milliards de dinars, risque d’exploser en raison de la flambée des prix mondiaux du pétrole. Alors que les hypothèses budgétaires actuelles reposaient sur un prix de référence optimiste de 63 dollars le baril, la réalité du terrain et les tensions dans le détroit d’Ormuz ont fait grimper le prix du Brent au-dessus de 107 dollars, plongeant les finances publiques dans un grave déficit de financement immédiat qui aggrave le déficit énergétique et le coût des importations.
Belhaj estime que cette forte hausse des prix contraindra le gouvernement à prendre des décisions difficiles, sa marge de manœuvre étant désormais limitée pour absorber l’intégralité de ces augmentations. De ce fait, la probabilité d’une hausse des prix des carburants et de l’électricité est « possible », ce qui, à son tour, affectera le coût de la vie des citoyens et la compétitivité des institutions économiques. Cette situation critique pourrait inciter la Banque centrale de Tunisie (BCT) à revoir sa politique monétaire et à relever son taux directeur, actuellement à 7 %, afin de freiner la flambée inflationniste alimentée par le coût élevé de l’énergie.
Il a également lié la crise locale au contexte géopolitique mondial, notant que les restrictions de navigation dans le détroit d’Ormuz —par lequel transitent quotidiennement environ 20 millions de barils— suite aux récentes attaques américaines et israéliennes, ont transformé la sécurité énergétique en une arme stratégique financée par les consommateurs de pays éloignés de la zone de conflit, comme la Tunisie.
L’expert a exhorté les autorités tunisiennes à anticiper les scénarios les plus catastrophiques en renforçant les capacités nationales de stockage, en activant la diplomatie économique pour conclure des accords énergétiques préférentiels avec les voisins libyens et algériens, et en adoptant des mécanismes de couverture financière pour stabiliser les prix d’achat et protéger le budget des fortes fluctuations des marchés mondiaux.



