
UniversNews (Politique) – Le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid bin Salman, a déclaré récemment à Washington, lors d’une réunion à huis clos, que le renoncement du président américain Donald Trump à mettre à exécution ses menaces contre l’Iran ne réduirait pas les tensions, mais conduirait finalement à un régime iranien plus fort et plus audacieux, selon des informations rapportées par le site Axios
Cette position parait contradictoire avec le discours public saoudien récent, marqué par une extrême prudence et des mises en garde constantes quant aux dangers d’une escalade militaire dans la région. Elle semble également contredire la profonde inquiétude exprimée par le prince héritier Mohammed ben Salmane au président Trump il y a environ trois semaines… une inquiétude qui a notamment conduit l’administration américaine à reporter toute frappe potentielle !!!
Cependant, cette «contradiction» n’est qu’apparente. Riyad n’adopte pas une position ambiguë, mais un positionnement politique calculé à deux niveaux :
Publiquement, l’Arabie saoudite cherche à renforcer sa sécurité intérieure, à protéger son économie nationale et à maintenir la stabilité du Golfe, consciente qu’une guerre ouverte ne se limitera pas à un seul camp et que son coût stratégique pourrait largement dépasser ses objectifs militaires.
En coulisses, cependant, la position est plus inflexible et tranchée. Le retrait américain, jugé malavisé, n’est pas perçu à Téhéran comme un signe de désescalade, mais plutôt comme un aveu de faiblesse, ouvrant la voie à une expansion et une provocation accrues. De ce point de vue, Riyad estime que le pire scénario n’est pas le déclenchement d’une guerre, mais l’enracinement de l’indécision comme politique, car cela confère à l’Iran une plus grande marge de manœuvre et renforce sa propension à l’escalade.
Le message saoudien n’est donc ni un appel à la guerre ni une incitation, mais plutôt une tentative de rééquilibrer la dissuasion. Le Royaume ne souhaite pas alimenter une confrontation sur laquelle il n’a aucune prise, mais refuse en même temps que les hésitations internationales deviennent un atout supplémentaire pour l’Iran.



