
Tunis, UNIVERSNEWS (SEF) – Comme les précédents, le projet de loi de finances (PLF) 2026 est l’objet de nombreuses controverses et de contestations qui ont atteint, cette fois-ci, même les élus du peuple qui jugent qu’ils « sont écartés » de la règle du jeu, alors qu’ils pensent être responsables devant les citoyens de toutes les décisions prises par l’exécutif… sans aucune consultation et, parfois, en « infraction aux règles établies, pour la présentation du PLF et des délais impartis pour les discussions et son adoption ».
Que ce soit une vérité ou des allégations, c’est ce qui ressort des déclarations d’un élu du peuple qui a jugé qu’on doit arrêter ces pratiques et accorder davantage de respect à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), dans la prise de décisions aussi importantes que celle relative au projet de loi de finances… qui, selon lui est discrédité au point que les députés menacent de ne pas en débattre !!!
Alors que le Président de la République recevait vendredi, le président de la Chambre des représentants, Brahim Bouderbala, et le président du Conseil des régions, Imed Derbali, plusieurs députés ont exprimé leur profond mécontentement à l’égard du projet de loi de finances 2026, menaçant implicitement de refuser d’en débattre.
Le thème principal est la justice sociale, mais…
Certains articles du projet de budget témoignent de l’engagement de l’État envers son rôle social, notamment en garantissant des salaires équitables grâce à l’augmentation des salaires et des retraites dans les secteurs public et privé, en soutenant le pouvoir d’achat des catégories vulnérables, en créant un fonds pour améliorer le bien-être des personnes handicapées et en poursuivant les programmes de logement social. Cependant, en l’absence de financement et de réformes cela est considéré comme du populisme financier pour marquer des points.
Le député Mohamed Ali a révélé, en chiffres, que les dépenses de l’État s’élèvent à 63,5 milliards de dinars, contre 52,5 milliards de dinars de recettes, avec un déficit de plus de 11 milliards de dinars, couvert par des emprunts intérieurs et extérieurs.
Tout cela se déroule dans un contexte d’absence de justice fiscale. Les impôts indirects continuent de peser sur les classes moyennes et défavorisées, tandis que l’économie parallèle et rentière échappe à toute reddition des comptes.
L’État s’embourbe dans de nouveaux déficits…
Dans le même ordre d’idées, le député Dhafer Sghiri a estimé que le projet de budget n’a ni goût, ni couleur, ni vision ou idées. Il a estimé que ce projet de budget est basé sur l’impôt plutôt que sur la création de richesses, et manquait donc de vision se demandant si les initiateurs de ce budget vivent avec nous ou s’ils proviennent d’une autre planète. Il a ajouté que le gouvernement a proposé que la Banque centrale finance le budget de l’État à hauteur de 11 milliards de dinars en 2026, après avoir reçu 7 milliards de dinars en 2024 et 2025, portant le financement total à plus de 25 milliards de dinars sur trois ans.
Par conséquent, avec sa proposition, le gouvernement opère une fuite en avant et met en œuvre une politique de dépenses par excellence, sans réforme, et s’endette sans stratégie de sortie de crise, comme si l’État s’engageait aveuglément dans de nouveaux déficits et une inflation accrue.
Et là, il est possible de se demander que si les parlementaires rejettent le projet de loi budgétaire, on risque d’imputer la responsabilité au président… surtout compte-tenu des relations tendues entre l’ARP et le gouvernement ?



