Le manque d’engrais et de semences dans plusieurs zones de production freine le démarrage optimal de la saison des céréales et risque de laisser des parcelles non ensemencées. L’agriculteur et fondateur du Syndicat tunisien des agriculteurs, Leïth Ben Becher,a affirmé, que l’approvisionnement en engrais n’a couvert que 60 % des besoins du secteur agricole, précisant que l’agriculteur reste constamment exposé aux aléas climatiques, lesquels ont conduit à des résultats bien éloignés des chiffres officiels annoncés.
Sur le plan économique, il a insisté sur la nécessité de revoir les coûts de production, estimant que la tarification des engrais et des semences manque d’équité. L’agriculteur vend sa récolte à 140 dinars, alors qu’il est contraint d’acheter les semences à 170 dinars après leur transport et leur traitement.
Leith Ben Becher a expliqué que le changement climatique, et notamment les vagues de chaleur s’étendant de juin à octobre, impose des défis majeurs aux grandes cultures telles que le blé tendre et l’orge. Les températures élevées de juillet et la durée d’ensoleillement ont certes provoqué un assèchement des sols et endommagé les cultures, bien que les céréales soient moins affectées grâce à leur cycle agricole qui s’achève en mai.
Le fondateur du syndicat des agriculteurs a également souligné l’émergence de nouvelles maladies agricoles induites par le changement climatique et l’évolution des pratiques culturales, rendant incertain le succès de toute variété, en particulier dans un contexte d’épuisement des ressources hydriques. Cette situation nécessite l’élaboration d’une politique agricole intégrée conciliant les besoins du secteur agricole avec les réserves des barrages et des eaux souterraines tout évoquant les limites de l’assurance agricole, qui se restreint à la couverture de risques spécifiques tels que la grêle et les incendies, sans inclure les maladies agricoles.
Mohamed Sélim




