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Quel business model pour les banques de demain ?

Tunis – Univers News : Les banques tunisiennes occupent une place incontournable dans le quotidien économique du pays. On pourrait croire qu’il ne s’agit que de simples lieux pour déposer ou emprunter de l’argent. Pourtant, plus de 80 % des transactions financières nationales transitent par leurs systèmes chaque année. Leur vrai pouvoir réside dans la façon dont elles dynamisent l’économie en transformant chaque millime épargné en projets concrets et en croissance réelle.Le modèle bancaire mondial a fortement évolué, que ça soit en réponse aux besoins des clients aux mutations technologiques  ou face à la pression des nouvelles réglementations. Cependant, face à ces évolutions, toutes les banques ne réagissent pas de la même manière : certaines développent de nouveaux modèles économiques, alors que d’autres reviennent aux fondamentaux. C’est dans ce cadre que l’Association Tunisienne pour la Promotion de la Culture Financière (ATCF) a organisé du 18 au 20 septembre 2026 à Hamammet  la 9ᵉ édition de l’Université d’Été des Cadres des Institutions Financières, consacrée au thème : « repenser le business model des banques tunisiennes ». Cette édition qui s’inscrit dans la continuité de la vocation de l’Université d’Été a pour objectif ,selon Othmane Hayder, Président de l’ATCF d’ offrir aux cadres bancaires et financiers, aux universitaires, aux chercheurs et aux experts un espace privilégié de réflexion, de confrontation des idées et de partage d’expériences autour des grandes transformations qui façonnent l’avenir du secteur.

La philosophie générale du programme repose sur une conviction majeure : le modèle bancaire de demain ne pourra pas être une simple prolongation du modèle d’aujourd’hui. Il devra évoluer pour répondre à de nouveaux besoins, intégrer les innovations technologiques, renforcer la proximité avec les clients et créer de nouvelles sources de valeur, tout en préservant les impératifs de solidité, de confiance, de conformité et de rentabilité.L’objectif ,précise Ahmed Karam, Président d’honneur de l’ATCF  n’est donc pas uniquement de dresser un état des lieux du modèle bancaire tunisien, mais de questionner ses fondements, identifier ses limites et explorer les voies possibles de sa transformation. Repenser le business model ne signifie pas simplement reproduire des modèles développés ailleurs, mais rechercher un modèle adapté aux réalités économiques, sociales, technologiques et réglementaires de la Tunisie, capable de concilier performance économique, inclusion financière, innovation et responsabilité. Les échanges entre professionnels, universitaires et experts ont fait  émerger des pistes concrètes de réflexion et d’action et de répondre à une question essentielle :Comment construire un nouveau modèle bancaire tunisien, plus agile, plus innovant, plus proche des clients et capable de créer durablement de la valeur dans un environnement en profonde mutation ?

Vers un nouveau modèle de banque…

Le business model des banques tunisiennes repose principalement sur un modèle bancaire classique : collecter des dépôts, octroyer des crédits et monétiser les services financiers, avec une contribution importante des activités de marché et des commissions.Le secteur bancaire tunisien reste donc largement intermédié : la banque joue le rôle d’intermédiaire entre les agents qui disposent de liquidités et ceux qui ont besoin de financement.

Mohamed Koubaa ,Directeur Général de l’UBCI  souligne que « Le secteur bancaire tunisien traverse aujourd’hui un tournant structurant . Il estime que les mutations actuelles imposent aux établissements  une capacité accrue d’adaptation . Cette recomposition représente « une opportunité majeure pour renforcer leur compétitivité, leur agilité et leur proximité client Repenser le business model des banques en exige de transformer une intermediation traditionnelle et conservatrice en un levier moderne d’inclusion financière. Repenser ce modèle est une nécessité Il est vrai que le système financier tunisien reste dominé par l’intermédiation bancaire. Le financement de l’économie repose principalement sur le crédit bancaire, essentiellement assuré par les banques publiques, tandis que les marchés de capitaux, les investisseurs institutionnels et les mécanismes alternatifs de financement demeurent encore peu développés.Le crédit bancaire représente un instrument essentiel de financement de l’activité économique et de stimulation de la croissance en Tunisie ». Cependant, explique le DG de l’UBCI « le taux de bancarisation ne dépasse pas les 35 %, ce qui réduit considérablement la capacité du système bancaire à soutenir les activités productives.  L’internationalisation des banques tunisiennes, est devenue nécessaire voire vitale pour accompagner les acteurs économiques et les entreprises tunisiennes, notamment exportatrices sur les marchés extérieurs .Les banques tunisiennes sont quasi-absentes en Afrique, notamment, dans les pays subsahariens, et cela entrave l’implantation des entreprises tunisiennes dans cette région du monde. Dans un monde où le numérique prend un grand essor en continuant à s’accélérer puisque chaque nouvelle innovation en chasse une autre, la Tunisie doit suivre le rythme d’évolution de nouvelles »

 Transformer ou disparaître

Pour Rachid Batita ,Directeur Général de la STB « La mission de la banque  consistait  à collecter des dépôts et octroyer des crédits.Le modèle économique était basé sur l’endettement bancaire. Aujourd’hui nos  banques sont appelées à se transformer ou à disparaître. Alors que de nouvelles concurrences apparaissent sur les téléphones de leurs clients, les banques traditionnelles doivent se positionner pour faire face à cette évolution du marché. Deux chemins semblent se dessiner : celui de l’innovation, pour évoluer et suivre la tendance des fintechs, ou celui du positionnement comme l’interlocuteur de proximité et de confiance pour leurs clients. Il y a bien sûr l’obligation d’être conforme aux réglementations en constante évolution, de suivre l’évolution et anticiper les habitudes et attentes des consommateurs mais aussi de rester à l’avant-garde des nouvelles technologies pour ne pas se laisser distancier par la concurrence. L’enjeu n’est plus uniquement technologique, mais stratégique . Les enseignes doivent absolument transformer ces habitudes connectées en réels leviers de performance surtout qu’elles vivent à l’heure des grandes mutations sous l’effet du digital et de la concurrence surtout avec les réseaux sociaux, les smartphones, les plateformes… » 

 Lotfi Dabbabi, le Directeur Général du QNB  estime que « le secteur bancaire tunisien entre dans une phase de recomposition structurelle marquée par des transformations économiques, technologiques et concurrentielles qui remettent en question les modèles historiques du retail banking. Cette évolution intervient dans un contexte marqué par, l’évolution du cadre concurrentiel et l’émergence de nouveaux entrants technologiques.Dans ce contexte, les banques doivent suivre les mutations, notamment l’internationalisation, l’extension des marchés financiers au détriment de l’intermédiation bancaire traditionnelle, et l’intensification de la concurrence bancaire, en raison de leur impact sur la cadence prise par ces mutations. Elles sont confrontées à plusieurs enjeux simultanés : développer les usages, renforcer l’inclusion financière, créer de nouveaux relais de croissance et maintenir des standards élevés en matière de sécurité, de conformité réglementaire et de rentabilité. Le DG du QNB a expliqué que « la transformation du secteur dépasse désormais la seule digitalisation et concerne l’ensemble du modèle bancaire, incluant l’organisation, l’expérience client, la gestion de risque ,l’innovation produit, les partenariats et l’efficacité opérationnelle. Le modèle actuel ne répond plus aux attentes des clients. Nous devrons s’adapter à leurs demandes  et exigences. Par ailleurs, les banques font face à la concurrence accrue  de nouveaux intermédiaires .Nous assistons également à l’arrivée de certains nouveaux acteurs dans le secteur, comme les FinTech, les plates-formes M-Banking, Big bang technologique, TIC, etc. Cette numérisation vise à ouvrir le débat sur les nouveaux modèles numériques dans les services bancaires tunisien, aussi les stratégies innovantes et les enjeux de la digitalisation dans la banque 

                                         Mohamed Sélim

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