Tunis – Univers News L’insuffisance rénale est très fréquemment observée chez le patient qui présente une maladie cardiovasculaire (MCV). À l’inverse, le patient insuffisant rénal a comme principale cause de décès une maladie coronarienne .Le cœur et le rein partagent une connexion vitale : si l’un dysfonctionne, il entraîne souvent l’autre dans sa chute, un phénomène médical appelé syndrome cardiorénal.Le cœur agit comme une pompe pour envoyer le sang oxygéné dans tout le corps, y compris vers les reins.Les reins filtrent le sang pour fabriquer l’urine, éliminer les déchets et contrôler la quantité d’eau et de sel dans le corps.
Comment ils s’influencent mutuellement
Si le cœur est trop faible pour pomper correctement, les reins reçoivent moins de sang. En manque d’oxygène, ils fonctionnent mal, retiennent l’eau et augmentent la tension, ce qui fatigue encore plus le cœur. Si les malades des reins ne filtrent plus bien le sang, des toxines s’accumulent et la pression artérielle monte. Cela force le cœur à travailler plus fort, provoquant à terme son usure.30 % des patients souffrant d’insuffisance cardiaque développent une insuffisance rénale chronique.60 % des patients hospitalisés pour une insuffisance cardiaque décompensée présentent une fonction rénale altérée.50 % des décès chez les patients atteints de maladie rénale chronique sont d’origine cardiovasculaire
Veiller sur ses reins, c’est protéger son coeur
L’interdépendance entre le cœur et le rein est aujourd’hui au centre de la cardiologie moderne, formant ce que le corps médical qualifie de véritable syndrome cardio-rénal. La Société Européenne de Cardiologie (ESC) et les néphrologues rappellent régulièrement qu’une atteinte de l’un de ces organes entraîne inévitablement une dégradation de l’autre. Protéger le cœur revient à protéger le rein, et inversement. Face à ce constat, les lignes directrices de la Société Européenne de Cardiologie ont profondément évolué, notamment dans les récentes mises à jour des recommandations sur l’insuffisance cardiaqueLe cardiologue Faouzi Addad estime que quand le cœur va mal, les reins souffrent ; et quand les reins vont mal, le cœur finit souvent par souffrir à son tour.En 2026, une étape supplémentaire est franchie : le cardiologue devient aussi un acteur du dépistage de la maladie rénale chronique (MRC). La société européenne de cardiologie présente d’ailleurs ces recommandations comme les premières spécifiquement consacrées à la relation entre maladie cardiovasculaire et maladie rénale chronique.Et surtout : ce n’est pas une histoire réservée aux patients diabétiques.Chez tout patient atteint d’une maladie cardiovasculaire, rechercher une maladie rénale chronique par DFGe + rapport albumine/créatinine urinaire (uACR). C’est une recommandation de Classe I. Le message est important : il faudrait penser au dépistage rénal chez nos patients cardiovasculaires, et pas seulement chez les diabétiques, diagnostiquer et stadifier la MRC selon la classification KDIGO, en combinant DFGe et albuminurie, ne pas se contenter de constater l’insuffisance rénale : L’essentiel est d’agir.,adapter la prise en charge de l’insuffisance cardiaque, de la maladie coronaire et de la fibrillation atriale à la fonction rénale, sans tomber dans le piège du sous-traitement.Développer une véritable coordination cardio-néphrologique et, surtout, ne pas retarder ou interrompre inutilement un traitement cardiovasculaire bénéfique sous prétexte d’une MRC.C’est probablement l’un des messages les plus importants .Nous voyons encore trop souvent des traitements protecteurs pour le cœur et le rein arrêtés par crainte d’une variation de la créatinine ou du potassium, alors que l’enjeu est justement de savoir surveiller, adapter et préserver autant que possible ces traitements qui modifient le pronostic à long terme.Le temps où le cardiologue regardait uniquement le cœur et le néphrologue uniquement le rein est derrière nous.Cardiologues et néphrologues, doivent mettre la main dans la main pour protéger deux organes liés par un même destin : le cœur et les reins.
Ben Slimen




