L’Impératif National : Pour une conscience civique affranchie des rancœurs.
Tunis – Univers News Il est des vérités que certains s’obstinent à ne pas entendre, préférant déformer les propos plutôt que d’en saisir la substance. Je répondrai toujours de ce que j’écris, mais je refuse à quiconque le droit de régenter mes intentions ou de passer mes convictions au crible de ses propres ressentiments. Nul n’a le privilège de s’ériger en juge suprême du patriotisme ni de s’en attribuer le monopole : les sensibilités et les visions peuvent différer, mais la divergence d’idées ne confère à personne un brevet de civisme supérieur.
Aujourd’hui, une dérive pernicieuse cherche à asphyxier la conscience républicaine en étiquetant de façon systématique chaque prise de position en faveur du salut public. Évoquer le besoin d’ordre et de stabilité devient, aux yeux de certains, une marque de servilité, tandis que rejeter le chaos et l’invective passe pour un alignement politique. Cette habitude de soumettre l’amour du pays au visa d’une chapelle ou d’un clan est une dénaturation profonde du sentiment national.
Il convient d’être intraitable avec ce patriotisme à quatre sous et de dénoncer sans détour cette posture d’apparat. Ceux qui s’obstinent à ne voir que la moitié vide du verre — cette moitié bien précise qui arrange leurs calculs — et qui dénigrent par principe chaque initiative émanant du pouvoir en place ne font preuve d’aucune vigilance républicaine. Sous le masque d’un discours prétendument engagé se dissimule une pure logique de vengeance et le dépit d’avoir été écarté des rouages de la décision. Cette amertume personnelle, transformée en entreprise de démolition systématique, cherche à saboter l’effort collectif par simple rancœur d’appareil.
Mon engagement ne poursuit ni titre, ni siège, ni reconnaissance de boutique. Aucune bannière idéologique ne régit ma pensée, aucun leader ne parle en mon nom, et la légitimité d’un discours national n’a nul besoin d’être estampillée par les acteurs de la scène politique, qu’ils appartiennent aux sphères du pouvoir ou aux rangs de l’opposition.
Le vrai patriote, c’est celui qui se tient aux côtés de la sécurité de son pays lorsqu’elle est mise à mal, qui veille sur sa pérennité face aux présages d’effondrement, et qui protège les citoyens contre toute tentative de les réduire à de la chair à canon pour des querelles d’influence. La charpente institutionnelle de l’État doit rester debout face aux discours de rupture travestis en grands principes.
Réduire la nation à une arène politicienne relève d’une aveuglante illusion. La Tunisie s’élève au-dessus des formations d’un jour, des opportunismes éphémères et de la vanité des carrières. Les dirigeants passent, les gouvernements se succèdent, les coalitions émergent puis s’éteignent au gré des intérêts du moment, mais la patrie demeure la seule constante immuable.
Il est vain d’user d’intimidation, de culpabilisation ou de procès en complaisance pour tenter de faire taire la conscience nationale. La souveraineté de notre terre n’est ni un sujet d’opinion ajustable, ni un enjeu électoral, ni une marchandise à faire valoir dans un marché d’influences.
La sécurité de notre pays, sa stabilité et la dignité de son peuple constituent des lignes de faîte intangibles. Ceux qui persistent à confondre la préservation de la communauté nationale avec la servitude envers des individus font preuve d’une grille de lecture défaillante qui ne saurait engager la clarté de mon propos. Avant toute étiquette et par-dessus toutes les divisions, la Tunisie demeure au-dessus de tout et de tous.




