À la uneECONOMIE

La vétusté du réseau cause de la perte de 130 millions de m3/an d’eau en Tunisie

UniversNews (SEF) – L’expert en ressources hydriques et membre de l’Observatoire tunisien de l’eau, Houcine Rehili, a tiré la sonnette d’alarme concernant la situation hydrique du pays. Il a révélé que près de 130 millions de mètres cubes d’eau sont gaspillés chaque année en raison de la vétusté des conduites de distribution : un cinquième d’entre elles a plus de cinquante ans, alors que la moyenne d’âge nationale du réseau dépasse les 25 ans. Cette dégradation des infrastructures a directement contribué à porter à 41 % le taux d’eau non facturée de la Société nationale d’exploitation et de distribution des eaux (SONEDE), privant ainsi l’entreprise de recettes vitales du fait des fuites incessantes.

Lors d’une intervention radiophonique, Rehili a expliqué que la question ne se limite plus à la rareté naturelle des ressource, mais s’est transformée en une crise structurelle menaçant la stabilité économique et sociale. En effet, la part d’eau renouvelable par habitant ne dépasse pas actuellement 380 mètres cubes par an et risque de chuter en dessous de 200 mètres cubes d’ici 2050, à moins que des mesures urgentes en matière d’investissement et de gestion ne soient prises. Cette menace est particulièrement critique dans les « zones rouges », où les nappes souterraines subissent un épuisement sévère, ce qui impose de réguler le système d’octroi des permis, d’accroître la transparence et de rendre les données accessibles au public.

Abordant la question des solutions, l’intervenant a souligné la nécessité de placer le dossier de l’eau au rang des priorités absolues en matière de développement. Il s’est appuyé sur des estimations récentes de la Banque mondiale indiquant que la Tunisie a besoin d’investissements avoisinant les 900 millions de dollars par an (environ 2,7 milliards de dinars) jusqu’au milieu du siècle pour moderniser les réseaux, endiguer les interruptions de service et réduire le gaspillage ; il a qualifié cet effort d’investissement souverain —garantissant l’accès à l’eau potable et la qualité de vie— plutôt que de simple charge financière.

Enfin, l’expert a mis en garde contre le coût exorbitant et les répercussions directes de l’inaction sur le secteur agricole, le pouvoir d’achat et les prix des produits de première nécessité, appelant à faire de la sécurité hydrique une cause nationale majeure par la préservation des ressources conventionnelles et l’exploitation optimale des sources alternatives, afin de garantir les droits des générations futures.

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page