
- Abdelwaheb Abdallah… l’architecte de la politique d’apaisement avec Ennahdha au palais de Carthage…
- Kédidi et Ballagi à l’origine de l’imposition et de la convocation d’Al-Qaradhawi…
- Une banque, une station de radio et un journal… les instruments de Sakhr El Matri pour normaliser ses relations avec les islamistes…
Tunis, UniversNews (Politique) – Dans son analyse des événements qui ont suivi le coup d’État du 7 novembre mené par Ben Ali, l’écrivain et militant politique, Anas Chebbi, a estimé que l’une des plus grandes erreurs du régime de Ben Ali avait été de privilégier l’apaisement avec l’islam politique plutôt que de le combattre. Le régime a cru, à tort, qu’en apaisant ses dirigeants, il atténuerait leur hostilité, notamment celle du mouvement Ennahdha.
Cette idée n’est pas née du hasard… elle a été nourrie par des proches du président, notamment Abdelwaheb Abdallah, qui l’ont convaincu que les élections présidentielles de 2004 ne rencontreraient aucune opposition sérieuse, hormis celle d’Ennahdha, et qu’il était possible de la neutraliser par une stratégie d’apaisement.
Dans ce contexte, un rapprochement avec les islamistes a été entrepris à travers les médias et par des moyens financiers. Sakhr El Matri a fait, alors son apparition à travers ses projets, tels que la Banque Zitouna, Radio Zitouna et le journal Assabah, qui ouvrait ses pages aux écrivains affiliés au mouvement islamiste, tout en promouvant certaines personnalités et en réintégrant d’autres par le biais de grâces ou en les autorisant à rentrer d’exil.
Des efforts ont également été déployés pour convoquer Youssef al-Qaradhawi, après que Mohamed Ballagi et Ahmed Kedidi aient été chargés d’organiser une rencontre avec lui et d’adoucir sa rhétorique anti-tunisienne sur Al Jazeera.
En 2009, le nom de Qaradhawi refait surface lors de sa visite à Kairouan à l’occasion de sa désignation de la ville des Ommyades comme capitale de la culture islamique. Cette visite, entourée de secret, ne fut mentionnée dans aucune source officielle. Cependant, les propos de l’imam de la mosquée Okba Ibnou Nafaâ, Mohsen Tamimi, révélèrent des positions surprenantes adoptées tant par Abdelaziz Ben Dhia, le plus proche conseiller du président, que par Hedi Baccouche, l’architecte du coup d’État du 7 novembre.
Ces témoignages ont confirmé que les relations du régime avec les islamistes demeuraient ambiguës et pleines de duplicité : conciliantes dans le discours officiel, hostiles dans les faits. Cette politique ambiguë a affaibli l’État, le privant de toute clarté stratégique, jusqu’à son effondrement sous le poids de ses contradictions.



