
Y a-t-il encore une place pour les rêves dans ce monde ? Rêver, c’est être porteur d’espoir… Car les rêves nous donnent cette force motrice qui exige volonté et décision, un chemin et une continuité, un processus et un devenir, action et effort, effort et persévérance. C’est le thème de la rencontre philosophique organisée par Nabeul Book Club à l’espace Jeelen .
Le rêve est indéniablement une des activités qui nous fait homme. A tel point qu’il nous est difficile d’imaginer d’en être privé. Pourtant, la problématique de cette rencontre pose la question de savoir si nous sommes aujourd’hui en mesure de pleinement rêver. Autrement dit : la société dans laquelle nous vivons nous laisse-t-elle suffisamment de temps, de disponibilité d’esprit, pour rêver ? Les interventions du débat ont judicieusement mêlé les deux aspects du rêve, individuels et collectifs, pour dévoiler la manière dont, de nos jours, nous abordons, ou pas, nos rêves.
Beaucoup d’intervenants ont décrit le rêve comme un formidable moteur, une source d’énergie. Il crée à la fois une plénitude et un sentiment de liberté tout comme il génère l’enthousiasme, parfois même la motivation pour entreprendre. Si certains dans la salle pensent qu’il leur est permis de rêver, d’autres, par contre, manifestent leur grande difficulté à concilier leurs rêves et leurs obligations sociales. Il est d’ailleurs particulièrement éclairant de s’apercevoir que les retraités et les jeunes semblent être en mesure de s’accorder plus de temps pour rêvasser, alors que ceux que l’on nomme « actifs » sont plus soumis aux contraintes de la réalité.
Il est vrai que dans ce monde, dans les mondes passés et dans les mondes à venir, les rêves demeurent une composante essentielle de l’existence humaine. Tant qu’une personne vit, elle rêve… Et les rêves, comme les êtres humains, sont à la fois semblables et différents, mais ils ne cessent jamais. Chacun a un rêve, et même plusieurs, et ce qui est le rêve de l’un peut être insignifiant pour l’autre, absorbé par le sien.Le rêve s’élève, ses horizons s’étendent, il se transforme, évolue et change, et il peut même disparaître. Mais s’il disparaît, un autre prendra sa place ; le rêve ne meurt jamais vraiment.Nous vivons tous parce que nous rêvons… et parce que nous rêvons, nous vivons… et tant que nous vivons, nous vivons le rêve.
Mohamed Salim



