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Le Parlement européen resserre l’étau sur les demandeurs d’asile tunisiens

  • La mesure vise à accélérer le traitement des demandes d’asile et aura un impact direct sur les migrants tunisiens
  • L’entrée en vigueur complète du nouveau cadre européen de l’asile prévue pour juin 2026

UniversNews (Migration) – Le Parlement européen a franchi un nouveau cap dans sa politique migratoire en adoptant, mardi, une réforme majeure des règles relatives à la procédure d’asile, notamment pour les pays classés d’origine sûr, dont la Tunisie.

Cette mesure vise à accélérer le traitement des demandes d’asile déposées dans l’Union européenne, en particulier celles jugées manifestement infondées. Outre la Tunisie, la liste européenne des pays d’origine sûrs, comprend le Bangladesh, la Colombie, l’Égypte, le Kosovo, l’Inde et le Maroc.

Que signifie le classement de la Tunisie comme pays sûr ?

Concrètement, le fait que la Tunisie soit considérée comme un pays d’origine sûr implique que les demandes d’asile introduites par des ressortissants tunisiens pourront être traitées selon des procédures accélérées.

Désormais, il reviendra au demandeur de prouver qu’il existe, dans son cas précis, une crainte fondée de persécution ou un risque réel de préjudice grave en cas de retour.

Cette présomption de sûreté repose sur l’évaluation générale de la situation politique, juridique et sécuritaire du pays, tout en laissant la possibilité d’exceptions individuelles.

Un impact direct sur les migrants tunisiens

Pour les Tunisiens demandant l’asile en Europe, cette décision pourrait se traduire par :

  • des délais de traitement plus courts,
  • un taux accru de rejets rapides des demandes,
  • une limitation des possibilités de rester longtemps sur le territoire européen en attente d’une décision.

Toutefois, la législation européenne prévoit que chaque dossier doit continuer à être examiné individuellement, notamment pour les personnes appartenant à des catégories vulnérables ou exposées à des risques spécifiques.

Une décision évolutive et réversible

La Commission européenne sera chargée de surveiller en permanence la situation en Tunisie. En cas de détérioration notable — atteintes aux droits fondamentaux, hausse significative du taux de reconnaissance de l’asile ou contexte de violences —, Bruxelles pourra suspendre temporairement ou proposer le retrait du pays de la liste.

Selon le rapporteur du texte, l’eurodéputé italien Alessandro Ciriani, cette réforme marque « un tournant politique » en mettant fin à l’ambiguïté et en instaurant des règles communes, plus rapides et plus efficaces. L’objectif affiché est double : protéger le droit d’asile pour ceux qui en ont réellement besoin et lutter contre les abus du système.

L’entrée en vigueur complète du nouveau cadre européen de l’asile est prévue pour juin 2026, certaines dispositions pouvant toutefois s’appliquer de manière anticipée.

Indignation

« C’est un jour très sombre pour les droits humains dans l’Union européenne (UE) », a réagi Olivia Sundberg Diez, responsable de la campagne Migration et asile à Amnesty International, dans un communiqué publié mardi. L’ONG avait réagi quelques heures après l’adoption par le Parlement européen de deux textes phares sur le durcissement du droit d’asile – grâce à une alliance de la droite et de l’extrême droite.

Même indignation de Human Rights Watch (HRW). Cette mesure « reviendrait à abandonner [les demandeurs d’asile] dans des lieux où ils n’ont aucun lien culturel, aucune famille, aucune communauté, et où leurs chances d’obtenir une procédure d’asile équitable et un soutien pour reconstruire leur vie seraient compromises ». (KS)

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