
UniversNews – Le dernier rapport de Fitch Solutions, publié le 12 février 2026, dresse un constat préoccupant sur l’état du secteur pharmaceutique tunisien. Si le marché continue d’afficher une croissance nominale, la réalité sur le terrain est beaucoup plus fragile : pénuries récurrentes, tensions financières et dépendance accrue aux importations.
Une demande en hausse face à un système sous pression
Selon le Tunisia Pharmaceuticals Report – February 2026, la demande de médicaments progresse sous l’effet du vieillissement de la population et de la montée des maladies chroniques comme le diabète, les cancers et les pathologies cardiovasculaires. La transition démographique en cours augmente mécaniquement les besoins en traitements de longue durée.
En 2025, la valeur du marché pharmaceutique tunisien atteint 3,3 milliards de dinars. Les médicaments représentent 21,5 % des dépenses totales de santé, soit environ 1,9 % du PIB. Ces chiffres traduisent un poids économique considérable, mais aussi une pression croissante sur un système déjà fragilisé.
Dépendance aux importations et tensions financières
La Tunisie enregistre un déficit commercial pharmaceutique annuel de 1,3 milliard de dinars, conséquence d’une forte dépendance aux importations de médicaments finis et de principes actifs. Cette vulnérabilité expose le pays aux fluctuations des réserves en devises et aux retards de paiement.
Au centre du dispositif se trouve la Pharmacie Centrale de Tunisie, qui détient le monopole d’importation. Confrontée à des tensions budgétaires et à des difficultés de trésorerie, elle peine à sécuriser l’approvisionnement de manière stable, ce qui favorise les ruptures de stock.
Le rapport prévoit une croissance annuelle moyenne limitée à 2,1 % d’ici 2035, un rythme jugé modeste face à l’accélération des besoins sanitaires. Malgré la présence d’un tissu local de production de génériques, l’environnement macroéconomique et réglementaire freine les investissements dans les médicaments innovants.
Pour Fitch Solutions, les risques macroéconomiques et les tensions de liquidité constituent la principale menace pour la stabilité du secteur. Le constat est clair : la demande augmente, mais la capacité à garantir un accès continu aux médicaments essentiels reste sous forte contrainte.
KS



