
UniversNews (Santé) – Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), près d’un tiers des adultes dans le monde, soit 1,8 milliard de personnes, ne respectent pas les recommandations minimales en matière d’activité physique. Et les personnes insuffisamment actives présentent un risque de décès supérieur de 20 à 30 % à celui des personnes suffisamment actives, précise l’OMS.
Quelques minutes d’effort par jour pourrait contribuer à réduire le risque de certaines maladies graves, comme le montre une nouvelle étude publiée dans la revue scientifique European Heart Journal. Mais pour plus d’efficacité, faut-il privilégier l’intensité sur la durée ? C’est précisément ce que les chercheurs ont voulu déterminer.
Intensité ou durée : quelle activité physique est-elle la plus bénéfique ?
“Nous savons que l’activité physique réduit le risque de maladies chroniques et de décès prématuré, et de plus en plus de preuves indiquent qu’une activité physique intense procure de plus grands bienfaits pour la santé par minute qu’une activité modérée”, explique le professeur Minxue Shen, co-auteur de l’étude, dans un communiqué. “Des questions subsistaient cependant quant à l’importance relative de l’activité intense et de l’activité physique totale.”
Ainsi, près de 96 000 personnes ont porté une montre capteur au poignet pendant une semaine entière. L’appareil enregistrait tous leurs mouvements, y compris les petits efforts intenses du quotidien courir après le bus, porter des courses … Les chercheurs ont ensuite suivi ces participants pendant sept ans pour voir lesquels développaient l’une des huit maladies ciblées ou mouraient prématurément.
Les 8 maladies étudiées étaient :
- Maladies cardiovasculaires majeures,
- Arythmie cardiaque,
- Diabète de type 2,
- Maladies inflammatoires (comme l’arthrite ou le psoriasis),
- Maladies du foie,
- Maladies respiratoires chroniques,
- Maladies rénales chroniques
- Démence.
Pourquoi l’activité intense ?
Comparées aux personnes ne pratiquant aucune activité intense, celles qui en faisaient le plus affichaient un risque inférieur de 63 % de développer une démence, de 60 % pour le diabète de type 2, et de 46 % de mourir prématurément. Dans le cadre des résultats de cette étude, ces bénéfices persistaient même lorsque la durée totale d’effort restait modeste : 15 à 20 minutes par semaine suffisaient à observer des effets mesurables.
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Pour le professeur Minxue Shen, l’explication est physiologique : “L’activité physique intense semble déclencher des réponses spécifiques dans l’organisme que l’activité de plus faible intensité ne peut reproduire pleinement. Lors d’un effort qui vous essouffle, votre cœur pompe plus efficacement, vos vaisseaux sanguins deviennent plus souples et votre organisme améliore sa capacité à utiliser l’oxygène », explique-t-il. “Cela pourrait expliquer les fortes corrélations observées avec des affections inflammatoires comme le psoriasis et l’arthrite.” Quant à la démence, l’effort intense “pourrait stimuler la production de substances chimiques dans le cerveau, contribuant ainsi à la santé des cellules cérébrales”.
Le chercheur tempère toutefois son propos : “Une activité physique intense peut ne pas convenir à tout le monde, notamment aux personnes âgées ou à celles souffrant de certaines affections médicales. Pour elles, toute augmentation de l’activité physique reste bénéfique et doit être adaptée à chaque individu.”



