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Lutte contre le blanchiment d’argent : Le nouveau tournant réglementaire des bureaux de change

Universnews – La publication de la circulaire de la Banque Centrale le 23 janvier 2026 marque l’avènement d’une véritable charte de surveillance destinée à sanctuariser l’économie nationale. Ce texte ne se contente pas de réguler ; il érige un rempart contre toutes les formes de blanchiment d’argent au sein des bureaux de change, tout en propulsant l’activité de change manuel vers un niveau de conformité aligné sur les standards internationaux du GAFI.

Cette réforme impose désormais une culture de la vigilance interne dont la pierre angulaire est l’élaboration d’une cartographie des risques précise, documentée par écrit et mise à jour périodiquement. Pour garantir une traçabilité sans faille, les opérateurs sont désormais légalement tenus de conserver l’intégralité de leurs registres et documents pour une durée de dix ans, facilitant ainsi toute procédure d’audit ultérieure.

Au cœur de cette transformation, les procédures de connaissance du client, communément appelées « Know Your Customer » (KYC), deviennent une obligation absolue. Il est désormais formellement interdit d’exécuter la moindre opération sans une vérification rigoureuse de l’identité du client et l’identification du bénéficiaire effectif de la transaction. Ce protocole strict exige la collecte de données personnelles détaillées et la justification de l’origine des fonds pour les individus, tandis que les personnes morales doivent impérativement soumettre leurs états financiers et leurs statuts.

Une attention particulière et renforcée est accordée aux personnes politiquement exposées (PPE) ainsi qu’aux clients provenant de juridictions à haut risque, afin de maintenir un degré de prudence financière maximal.

L’efficacité de ce nouveau dispositif repose également sur une intégration technologique directe avec la Commission Tunisienne des Analyses Financières (CTAF) via la plateforme numérique goAML. Chaque bureau de change a l’obligation de désigner un correspondant spécialisé dont la mission est de signaler immédiatement tout soupçon d’activité illicite. Ce mécanisme est protégé par une règle de confidentialité stricte qui interdit formellement d’informer le client qu’il fait l’objet d’un signalement, garantissant ainsi l’intégrité des enquêtes financières. Cette collaboration directe entre les bureaux de change et les autorités de régulation transforme chaque guichet en un maillon actif de la sécurité financière de l’État.

Enfin, pour assurer le respect scrupuleux de ces directives, la Banque Centrale a instauré un arsenal de sanctions graduelles et dissuasives. Celles-ci débutent par de simples avertissements ou blâmes pour les manquements mineurs, mais peuvent rapidement conduire à une suspension d’activité, voire au retrait définitif de l’agrément en cas d’infraction grave. Ce cadre réglementaire, entré en vigueur dès sa publication, s’affirme comme un outil décisif pour instaurer une transparence totale dans les flux financiers et tarir les sources de financement du crime organisé.

KS

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