
UniversNews (Patrimoine) – Une classification génétique mondiale de l’humanité, récemment publiée, offre une image plus précise de la composition génétique des populations mondiales.
L’étude de la population tunisienne a révélé des données qui pourraient en surprendre plus d’un, notamment le pourcentage élevé d’ascendance romaine au sein du patrimoine génétique tunisien, atteignant 12,9 % au sein de la composante européenne. Ce pourcentage est presque égal à celui de l’ascendance arabe. Il se répartit entre une ascendance originaire du sud de l’Italie (5,9 %) et celle originaire du nord de l’Italie (7 %).
L’étude a également montré que l’élément turc représente environ 12 % du patrimoine génétique tunisien et qu’il est inclus dans la composante européenne en raison de son lien avec des lignées génétiques prédominantes dans les régions européenne et méditerranéenne.
Les gènes turcs prédominants
Ces origines remontent à des vagues migratoires relativement récentes, ayant débuté au XVIe siècle et s’étant poursuivies jusqu’à la fin du XIXe siècle. Ceci explique pourquoi un grand nombre de Tunisiens ont conscience de leurs origines turques, même si beaucoup ignorent à quelles branches précises ils appartiennent. Les pourcentages les plus élevés sont enregistrés chez les personnes d’origine chypriote (5,9 %), suivies de celles d’origine grecque (3,5 %) et arménienne (2,6 %).
La présence génétique espagnole chez les Tunisiens est également minime, ne dépassant pas 0,3%, malgré les nombreuses revendications d’ascendance andalouse. Ceci s’explique par le fait que les Andalous étaient eux-mêmes un mélange d’Arabes, de Berbères et d’autres peuples méditerranéens, ce qui a eu pour conséquence que leur influence génétique s’est intégrée à ces composantes existantes plutôt que de se manifester indépendamment.
53 % des Tunisiens sont des berbères
L’étude a également montré que 53 % des Tunisiens sont d’origine berbère, un pourcentage inférieur à celui des pays voisins, notamment l’Algérie et le Maroc. Ceci peut s’expliquer par la situation géographique de la Tunisie et son relief ouvert, qui l’ont rendue plus vulnérable aux migrations, invasions et peuplements successifs au cours de l’histoire.
La composante européenne représente environ 25,2 % du génome tunisien, soit environ un Tunisien sur quatre. Ce pourcentage est élevé comparé à l’opinion courante qui suppose la disparition des Vandales et des tribus germaniques ayant habité la Tunisie dans l’Antiquité. Il convient également de noter qu’un pourcentage significatif de Berbères possèdent eux aussi une composante génétique européenne, ce qui porte la présence européenne globale dans le patrimoine génétique tunisien à un niveau relativement élevé, atteignant environ 43,5 %.
Un autre constat frappant est le faible pourcentage de personnes d’origine arabe, qui représente environ 13,8 % de la population totale. Ceci contredit certaines idées reçues qui surestiment l’importance de la composante arabe en Tunisie.
L’héritage génétique des Phéniciens
Les résultats indiquent qu’environ 10 % des Tunisiens ont des origines directement issues de la péninsule arabique, tandis que le pourcentage de personnes d’ascendance hilalienne ne dépasse pas 2,9 %. Ainsi, les branches des Banou Hilal, telles que les Riyyah, les Zoghba et les Majer, ne représentent qu’un faible pourcentage de la population, ce qui réfute l’affirmation courante selon laquelle « la moitié des Tunisiens sont Amazighs et l’autre moitié Banou Hilal ». L’étude a également montré que 0,9 % des Tunisiens ont des origines levantines et peuvent être classés comme faisant partie de la population arabe en raison de l’arabisation historique.
Autre constat intéressant : le pourcentage de personnes descendant d’anciens Libanais n’excède pas 0,4 %, un chiffre probablement lié aux Phéniciens qui ont fondé Carthage. On estime à environ cinquante mille le nombre de Tunisiens qui portent encore cet héritage génétique, dont les ancêtres auraient survécu à la destruction de Carthage lors des guerres puniques.
Quant aux origines est-asiatiques, leur présence demeure très limitée, ne représentant pas plus de 0,1 % de la population tunisienne totale.



