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Pétrole à 104$ : Le gouffre à 8,85 millions de dinars par jour pour la Tunisie

Universnews – Chaque dollar de hausse au-dessus du prix de référence coûte environ 164 millions de dinars par an à la Tunisie !!

C’est une hémorragie financière silencieuse mais dévastatrice. Chaque jour, la Tunisie perd près de 9 millions de dinars pour éponger l’écart entre les prévisions budgétaires et la réalité d’un marché mondial en plein chaos.

​L’impact de la crise énergétique sur les finances publiques tunisiennes a atteint un seuil critique. Les calculs sont implacables : l’État tunisien accuse une perte journalière de 3,01 millions de dollars, soit l’équivalent de 8,85 millions de dinars tunisiens.

​Cette somme, qui s’ajoute chaque 24 heures au déficit budgétaire, représente le surcoût que le gouvernement doit supporter pour maintenir les prix à la pompe et approvisionner le pays en carburant. Sur un mois, si la tendance se maintient, ce sont plus de 265 millions de dinars qui manqueront à l’appel pour financer les hôpitaux, les écoles ou les infrastructures.

Comment la Tunisie en est-elle arrivée à cette situation de vulnérabilité extrême ? Deux facteurs majeurs expliquent ce séisme financier.

La principale cause de cette flambée est l’agression et les tensions militaires autour de l’Iran. Ces hostilités ont fait bondir le prix du baril de pétrole à 104 dollars sur le marché mondial. Or, la Loi de Finances 2026 de la Tunisie a été élaborée sur une hypothèse très prudente (et aujourd’hui dépassée) d’un baril à 63,3 dollars. Cet écart de plus de 40 dollars par baril pulvérise les prévisions de la Caisse de Compensation.

Le deuxième fact: La Tunisie ne produit plus assez pour amortir le choc. Avec une consommation quotidienne de 104 000 barils face à une production locale qui peine à atteindre les 30 000 barils, le pays dépend à plus de 70 % des importations. Chaque baril supplémentaire acheté au prix fort sur le marché international est une charge directe pour le budget de l’État.

​Face à cette « facture de guerre » énergétique, la marge de manœuvre du gouvernement se réduit. Alors que les experts redoutent un baril à 120, voire 150 dollars si le conflit au Moyen-Orient s’enlise, la question d’un ajustement des prix à la pompe ou d’une accélération forcée de la transition énergétique devient inévitable.

​ »Chaque dollar de hausse au-dessus du prix de référence coûte environ 164 millions de dinars par an à la Tunisie », rappellent les analystes. À 104 dollars le baril, l’onde de choc est déjà là.

KS

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