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PLF 2026: Une première dans l’histoire du fisc… un impôt sur la fortune!!!

Tunis, UNIVERSNEWS (SEF) – C’est une première dans l’histoire fiscale tunisienne : le projet de loi de finances (PLF) 2026 introduit officiellement un impôt sur la fortune, une mesure symbolique et structurante qui marque un changement profond dans la philosophie fiscale de l’État.

Prélevé à hauteur de 0,5 % à 1 % sur les patrimoines supérieurs à 3 millions de dinars, cet impôt ambitionne de renforcer la progressivité du système fiscal, de réduire les inégalités et de faire contribuer davantage les grandes fortunes à l’effort collectif.

Un impôt de solidarité et de justice sociale

Le gouvernement présente cette mesure comme un outil de justice fiscale dans un contexte de tension budgétaire et de montée du sentiment d’inégalité.

L’objectif affiché est de faire participer les plus aisés à la relance économique et au financement des priorités sociales, notamment dans les domaines de la santé, de l’éducation et du logement.

Selon les estimations préliminaires, environ 4 000 à 5 000 contribuables seraient concernés par cet impôt, dont la recette potentielle pourrait avoisiner 300 à 400 millions de dinars par an.
Un montant certes modeste à l’échelle du budget national, mais politiquement fort.

Les paramètres de l’impôt sur la fortune sont les suivants :

  • Seuil d’application : 3 millions de dinars
  • Taux progressifs : 0,5 % à 1 %
  • Périmètre : patrimoine net (biens immobiliers, financiers et mobiliers)
  • Entrée en vigueur : janvier 2026
  • Rendement estimé : 300 à 400 MDT/an

Une réforme symbolique, mais à l’impact limité

Sur le plan politique, l’introduction de cet impôt constitue un signal fort : la Tunisie assume enfin une progressivité réelle dans son système fiscal, longtemps dominé par les impôts indirects (TVA, droits de consommation) qui pèsent davantage sur les ménages à revenus moyens ou modestes.

Mais sur le plan économique, l’impact reste plus symbolique que budgétaire.
Le nombre de contribuables concernés est faible, et les patrimoines importants sont souvent fragmentés ou dissimulés à travers des sociétés, des montages juridiques ou des transferts à l’étranger.

L’efficacité de cette mesure dépendra donc de la capacité de l’administration fiscale à recenser, évaluer et contrôler les patrimoines réels.

 Une avancée dans la progressivité fiscale

La création de l’impôt sur la fortune s’inscrit dans une logique de rééquilibrage des charges fiscales.
Aujourd’hui, les recettes de l’État reposent majoritairement sur la consommation (TVA) et les revenus du travail, tandis que le capital et le patrimoine restent relativement épargnés.

L’introduction de cet impôt vient corriger, du moins en partie, cette distorsion.
Elle rapproche la Tunisie de modèles adoptés en France, Espagne ou Suisse, où la taxation de la fortune existe déjà, souvent dans une logique de redistribution ou de financement des services publics.

Un signal politique fort, un test de crédibilité fiscale

Avec l’instauration de l’impôt sur la fortune, la Tunisie tourne une page importante de son histoire fiscale.
C’est à la fois un geste de justice sociale et un signal de responsabilité nationale dans un contexte de fortes tensions budgétaires.

Mais pour que cette mesure ait un impact réel, il faudra renforcer les outils de contrôle patrimonial, lutter contre l’évasion fiscale et garantir la transparence dans l’affectation des recettes.

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