UniversNews (Education) – Depuis plusieurs décennies, les filles sont majoritaires parmi les bacheliers. La session du bac 2026 a révélé des écarts marqués entre filles et garçons dans presque toutes les spécialités. La répartition selon le genre montre une prédominance féminine : 62 % des candidats sont des filles, contre 38 % de garçons. Cet écart entre les filles et les garçons est constaté également dans les taux de réussite. Le pourcentage des filles bachelières est généralement beaucoup plus élevé que celui des garçons. La session du bac 2025 a révélé des écarts marqués entre filles et garçons dans presque toutes les spécialités. Sur un total de 53.721 lauréats, 63,09 % sont des filles contre 36,91 % de garçons.
Dans la section lettres, 85,28 % des admis sont des filles. Dans la section sciences expérimentales, elles représentent 80,01 % des admis. Elles sont aussi majoritaires dans la section sciences économiques avec un taux de 68,59 %. Dans la section mathématique, ce pourcentage est de 54,38 %. En revanche, les garçons restent majoritaires dans certaines filières techniques : En sciences techniques, 61,35 % des admis sont des garçons. En sciences informatiques, ils représentent 62,87 % des lauréats. La filière sportive présente une répartition presque égale : 52,87 % de garçons contre 47,13 % de filles. Parmi les admis, nombreux sont ceux qui ont eu une mention. Sur 7 lauréats au bac 2025, quatre sont des filles
Pourquoi cette féminisation du bac ?
Le bac est toujours au féminin. Cela s’explique par plusieurs facteurs. Il y a d’abord le fait qu’en Tunisie les femmes continuent de mener un combat pour s’affirmer. Les filles dans les familles tunisiennes sont astreintes à une obligation de résultat pour avoir droit à l’espace public. Si la fille ne va pas à l’école, elle n’a rien à faire à l’extérieur du domicile familial. C’est donc pour pouvoir continuer à sortir, avoir droit de s’exprimer et aspirer à travailler que les filles considèrent le baccalauréat comme un sésame pour leur avenir. En faisant des études et en obtenant les plus hauts diplômes, les filles aspirent à obtenir le respect qu’elles méritent.
Consciemment ou inconsciemment, elles ont en tête l’image de leurs mamans, grands-mères et de toutes les autres femmes, qui faute d’instruction, ont été marginalisées et des proies faciles à de nombreuses injustices… Les filles sont excellentes à l’école. Eh oui, c’est un fait. De la maternelle au lycée, elles raflent tout ! Pourtant, personne ne se risque à donner une explication scientifique au phénomène. Question d’intelligence, aucune étude ne prouve une quelconque supériorité d’un sexe sur l’autre.
Une chose est sûre, la supériorité scolaire des filles est visible. Leur taux de réussite a enregistré une augmentation significative. En termes académiques, les chercheurs notent que les filles sont plus adaptées aux normes scolaires. En termes plus simples, les professeurs les trouvent plus sages et travailleuses. En termes finalement assez péjoratifs, on dit volontiers d’elles qu’elles sont appliquées et minutieuses. Le constat est relevé depuis quelques années à tous les niveaux scolaires, aussi bien dans le primaire, le moyen, le secondaire ou encore universitaire. Les filles seraient-elles plus ambitieuses et plus motivées que les garçons ? Il ne s’agit certainement pas de capacités intellectuelles, mais simplement d’une volonté de se construire et de bâtir un statut et d’exister dans l’espace public (M.S)



