
UniversNews (Tourisme) – La Tunisie ne manque pas d’atouts qui lui permettent de faire du tourisme alternatif un véritable moteur de développement régional et d’attirer une clientèle touristique férue de culture et tournée vers la nature et l’authenticité. Elle compte plus de 2.236 hébergements alternatifs dont la majorité n’a pas obtenu d’autorisation auprès de l’ONTT. Ce tourisme alternatif se met doucement en place en Tunisie.
Depuis plus d’une dizaine d’années, la mode du tourisme chez l’habitant règne en Tunisie. Toutefois Sur 2236 hébergements recensés, seulement 124 ont été officiellement autorisés sur le site Discover Tunisia, le site officiel de l’ONTT. Conséquence, près de 61% des promoteurs qui restent dans l’informel en raison des entraves administratives. Il y a donc lieu d’organiser, soutenir, former, contrôler, digitaliser et réguler toute cette offre pour éviter cette ambigüité juridique, la multiplicité des vis-à-vis et l’absence d’un cahier des charges.
Mais le cahier de charge tarde à faire son apparition, malgré les promesses du ministère du tourisme d’accélérer le processus de sa publication. D’ailleurs, le ministre du tourisme Sofiène Tekaya a souligné le 16 novembre 2025 que » Les cahiers des charges fixant les conditions d’hébergement touristique alternatif en Tunisie seront publiés dans les prochaines semaines, après leur présentation à plusieurs structures et instances administratives, dont le Conseil de la concurrence », en réponse aux questions des députés de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) et du Conseil national des régions et des districts (CNRD) ». Lors de l’examen du budget de son département, le ministre a précisé que ce projet permettra d’organiser l’activité de plus de 2200 unités d’hébergement touristique alternatif (gîtes ruraux, maisons d’hôtes et campings) et de soutenir l’investissement dans ce secteur prometteur qui attire un nouveau profil de visiteurs venant de différents pays.
L’attente des professionnels depuis deux ans !
Plusieurs investisseurs se battent pour cette filière, depuis plus de 20 ans, et pensent que les hébergements alternatifs sont un moyen exceptionnel de développement pour les régions du pays. L’absence d’un cahier des charges que la profession attend depuis plus de 2 ans, les entreprises et leurs propriétaires sont plongés dans une fragilité extrême. Si les uns sont endettés, les autres sont en attente d’autorisations, alors que celles-ci ont été annulées en avril 2022 sur décret présidentiel, La situation des hébergements alternatifs dans la région du Cap Bon est un exemple concret de la complexité de la situation en Tunisie. De nombreux projets voient le jour dans un cadre juridique imprécis et contexte difficile.
C’est le cas de Hatem Smine, investisseur, du projet Dharoufa Beach à Mâamoura qui a saisi la Cheffe du Gouvernement sur ce sujet surtout qu’il a engagé à ce jour près d’un million de dinars tunisiens, sur fonds propres, pour développer une activité touristique locale, durable et créatrice d’emplois, dans une région où le tourisme traditionnel s’éteint progressivement.
Dans un post publié sur sa page Facebook, il souligne que « La décision du Président de la République de supprimer l’autorisation préalable d’exercer pour les maisons d’hôtes et établissements touristiques alternatifs allait dans le bon sens. Elle a redonné espoir à des milliers d’investisseurs et d’acteurs locaux. Cependant, le cahier des charges annoncé en remplacement n’a toujours pas été publié, plaçant aujourd’hui tout un secteur dans une zone juridique floue, source d’insécurité, de blocages administratifs et de découragement. Cette situation est en contradiction directe avec les orientations réaffirmées par le gouvernement le 31 décembre 2025, notamment la simplification des procédures, la confiance entre l’État et l’investisseur et l’efficacité de l’action publique.
« Ce qui fait la valeur d’une décision, ce sont les actes qui la suivent », avait claironné le sage Aristote. Les promoteurs et les investisseurs dans l’hébergement touristique alternatif vont-ils finalement voir le bout du tunnel ? Depuis de nombreuses années, ils souffrent de l’absence d’un cadre juridique propre à eux facilitant l’investissement dans ce secteur ou l’exploitation de leurs établissements. Ils demandent d’accélérer la mise en application des nouveaux cahiers des charges et à réduire au maximum les délais. (M.S)



