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Tourisme tunisien : 12 millions de visiteurs, oui… mais créent –ils de valeur ?

Tunis – Univers News. Beaucoup soutiennent que l’industrie du tourisme est la plus grande industrie au monde. Bien que sa valeur réelle soit difficile à déterminer avec précision, le potentiel économique de l’industrie du tourisme est incontestable.En fait, c’est en raison des impacts économiques positifs que la plupart des destinations entreprennent leur voyage touristique.Un touriste rapporte de l’argent par ses dépenses directes en hébergement, nourriture et loisirs. Son impact réel se mesure aussi par l’effet d’entraînement sur les autres secteurs et l’apport en devises étrangères pour le pays. En Tunisie, le PIB direct du secteur pèse plus de 8 milliards de dinars, soit environ 5,1 % du PIB national. Dans  un post publié  sur Facebook, l’activiste Abdelbasset  Sammari, a souligné que les recettes touristiques ont atteint près de 4,72 milliards de dinars au 10 août 2026 et la Tunisie se rapproche de l’objectif des 12 millions de visiteurs.C’est une bonne nouvelle. Mais elle ne doit pas nous empêcher de poser la question essentielle :combien un touriste rapporte-t-il réellement à l’économie tunisienne ?Car compter les entrées ne suffit plus.

L’empreinte économique du tourisme

Avec des recettes qui restent autour de 250 dollars par visiteur, notre tourisme demeure essentiellement un tourisme de volume. Or, derrière chaque séjour surtout en All Inclusive — il y a une consommation importante d’eau, d’électricité, de climatisation, de nourriture, de boissons, de transport, de carburant, d’équipements et de produits importés directement ou indirectement.C’est ce qui nous avait amenés à poser une question volontairement provocatrice :Et si le dollar touristique coûtait réellement 8 dinars à l’économie tunisienne ?

Il ne s’agit évidemment pas du taux de change, mais du coût économique réel du dollar touristique une fois comptabilisés l’énergie, l’eau, les importations, les infrastructures et les ressources mobilisées pour le générer.Dès lors, l’objectif ne devrait plus être simplement d’accueillir toujours plus de monde.Dix millions de touristes dépensent chacun 500 ou 600 dollars peuvent être économiquement plus intéressants que 12 ou 13 millions n’en dépensant que 250.Davantage de recettes et de valeur ajoutée, pour moins de pression sur l’eau, l’énergie, les plages, les transports et les infrastructures.Cela ne signifie pas qu’il faille tourner le dos au tourisme de masse ou au All Inclusive.Il faut simplement les rendre beaucoup plus rentables pour la Tunisie.

Et nous pouvons commencer immédiatement, avec ce que nous avons déjà.Faisons de la recette moyenne par visiteur et de la durée du séjour des objectifs nationaux aussi importants que le nombre d’entrées.Transformons ensuite chaque hôtel en vitrine et débouché de la production tunisienne : fruits et légumes, huile d’olive, fromages, conserves, boissons, pâtisseries, produits artisanaux, équipements et services locaux.Plus l’hôtel achète tunisien, plus le dollar du touriste reste en Tunisie.

Faisons également évoluer le All Inclusive pour que le visiteur ait envie de sortir de son hôtel et dépenser dans le pays : restaurants, médinas, souks, musées, sites archéologiques, festivals, artisanat, excursions, oasis, désert, activités sportives et culturelles.Et développons beaucoup plus fortement les segments à forte valeur ajoutée : tourisme culturel, saharien, médical et de bien-être, sportif, écologique, congrès, affaires et séjours de longue durée.

Contribution aux économies locales

Un hôtel tunisien dispose de soleil presque gratuitement. Pourquoi continuer à consommer autant d’énergie conventionnelle pour produire de l’électricité et chauffer l’eau ?Photovoltaïque, chauffe-eau solaire, économie et recyclage de l’eau doivent progressivement devenir la norme.Chaque dinar économisé sur l’eau ou l’énergie augmente la valeur nette du tourisme.Mais surtout, arrêtons de considérer le tourisme comme une activité isolée.

La Tunisie dispose aujourd’hui d’une agriculture qui progresse, d’un agroalimentaire dynamique, d’une balance alimentaire excédentaire de plus d’un milliard de dinars et de millions de touristes qui viennent consommer sur notre territoire.Pourquoi ne pas connecter tout cela ?

Le touriste qui mange une tomate tunisienne, arrosée et récoltée en Tunisie, transformée ou conditionnée par une entreprise tunisienne, transportée par une société tunisienne et servie dans un hôtel tunisien ne fait pas seulement travailler le tourisme.Il fait travailler l’agriculture, l’industrie, le transport, le commerce et les services.Le tourisme peut ainsi devenir l’un de nos plus grands marchés d’exportation sans que le produit tunisien quitte le territoire national.Encore faut-il mesurer correctement sa performance.

À côté du nombre d’arrivées et des recettes en devises, publions régulièrement la dépense moyenne par visiteur, la durée du séjour, la part des produits tunisiens consommés par le secteur, les importations qu’il génère, sa consommation d’eau et d’énergie et, surtout, la valeur ajoutée nette réellement laissée dans le pays.Car la bonne question n’est plus seulement :Combien de touristes avons-nous accueillis ?Mais plutôt :Combien chacun a-t-il dépensé, combien nous a-t-il coûté et combien de son argent est finalement resté en Tunisie ?

Passer de 10 à 12 millions de touristes est une performance.Passer de 250 à 500 dollars par visiteur serait une transformation économique.Et si, en plus, une part croissante de ces 500 dollars irrigue l’agriculture, l’industrie, l’artisanat, le transport et les services tunisiens, alors le tourisme ne sera plus seulement une source de devises.Il deviendra une véritable locomotive pour toute l’économie tunisienne.

                             Abdelbasset  Sammari

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