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TSB : le pari d’une reconstruction en profondeur est lancé

Tunis – Univers News. Recouvrement renforcé, gouvernance modernisée, contrôle interne consolidé, offensive commerciale et augmentation de capital : la Tunisian Saudi Bank déroule un plan stratégique ambitieux pour tourner définitivement la page des difficultés héritées du passé. Les états financiers 2025 montrent que les premiers résultats commencent à apparaître, même si le chemin vers un redressement complet reste encore exigeant.

Après plusieurs mois d’attente, la Tunisian Saudi Bank (TSB) a publié ses états financiers arrêtés au 31 décembre 2025. Si les chiffres continuent de refléter les séquelles d’une longue période de fragilité, ils témoignent également des premiers effets d’un vaste plan de transformation engagé par la banque.

L’objectif n’est plus simplement de réduire les pertes. Il s’agit désormais de reconstruire progressivement un établissement plus solide, mieux gouverné, plus performant et davantage orienté vers le financement de l’économie.

Un management qui connaît parfaitement les défis de la banque

L’un des principaux atouts de cette transformation réside dans le profil de son Directeur Général par intérim.

Pur produit de la TSB, il connaît parfaitement l’organisation, son portefeuille de risques, ses contraintes opérationnelles ainsi que les difficultés accumulées depuis plusieurs années. Cette connaissance approfondie de la banque constitue un avantage déterminant pour conduire un chantier de restructuration d’une telle ampleur.

Le plan stratégique engagé repose sur une vision globale : assainir les fondamentaux financiers, renforcer les mécanismes de contrôle, restaurer la confiance des actionnaires et replacer progressivement la banque sur une trajectoire de croissance durable.

Premier chantier : assainir le portefeuille de créances

L’assainissement des actifs constitue naturellement la priorité absolue.

La TSB a renforcé de manière significative ses équipes et ses dispositifs de recouvrement afin d’accélérer la récupération des créances en souffrance.

Pour 2026, la banque s’est fixé un objectif ambitieux d’environ 60 Millions de dinars de recouvrements sur les créances accrochées. Les premiers résultats sont déjà au rendez-vous puisque 30 Millions de dinars avaient été recouvrés au 30 juin 2026, soit la moitié de l’objectif annuel.

Au-delà de l’amélioration immédiate de la liquidité, cette politique doit permettre de réduire progressivement le poids des créances classées, aujourd’hui encore particulièrement élevé.

Empêcher le retour des difficultés

La stratégie ne consiste pas uniquement à traiter les conséquences du passé.

La banque s’attache également à prévenir la constitution de nouveaux risques grâce au renforcement du contrôle interne, à une gestion des risques plus rigoureuse et à une amélioration des procédures de décision.

Cette évolution constitue l’un des changements majeurs de la nouvelle gouvernance : l’objectif est de sécuriser durablement le développement futur de la banque en renforçant la qualité des décisions de crédit et le suivi des engagements.

Une gouvernance davantage orientée vers le pilotage

Autre évolution importante : le développement d’un dispositif de reporting régulier, structuré et transparent à destination des instances de gouvernance.

Cette nouvelle organisation permet un suivi beaucoup plus rapproché de l’exécution du plan stratégique, une meilleure anticipation des risques et une plus grande réactivité dans les décisions.

Le renforcement du dialogue entre le management, le Conseil d’administration et les actionnaires constitue aujourd’hui l’un des piliers de la transformation engagée.

Repartir à la conquête du marché

Une restructuration ne peut réussir sans développement commercial.

La TSB déploie désormais une stratégie offensive visant à reconquérir des parts de marché tout en maintenant une politique de maîtrise des risques.

Cette stratégie privilégie notamment le développement de la clientèle des particuliers ainsi que le financement des secteurs économiques à forte valeur ajoutée, afin d’accompagner davantage les investissements créateurs de richesse et d’emploi.

L’ambition est claire : retrouver progressivement une croissance rentable et durable tout en renforçant le rôle de la banque dans le financement de l’économie tunisienne.

Des premiers résultats opérationnels encourageants

Les états financiers 2025 commencent à refléter les premiers effets de cette stratégie.

Le Produit Net Bancaire progresse de près de 34 %, traduisant une amélioration sensible de l’activité.

La perte nette annuelle recule d’environ 28 % par rapport à 2024.

Les dépôts de la clientèle augmentent de plus de 100 Millions de dinars, illustrant un retour progressif de la confiance de la clientèle.

La banque souligne également le maintien d’un ratio de liquidité conforme aux exigences réglementaires.

Ces indicateurs montrent que les premières mesures engagées produisent déjà des effets sur l’exploitation.

Des défis structurels qui restent importants

Pour autant, la transformation est loin d’être achevée.

Les capitaux propres demeurent négatifs, à près de 185 millions de dinars, tandis que les pertes reportées demeurent très élevés.

Le taux de créances classées atteint encore environ 61 %, niveau qui reste très élevé malgré les efforts d’assainissement engagés.

Ces indicateurs rappellent que la banque doit poursuivre ses efforts pendant plusieurs exercices avant de retrouver une situation financière totalement assainie.

L’augmentation de capital, dernière étape du redressement

L’une des clés de la réussite du plan stratégique réside désormais dans la future augmentation de capital.

Cette opération doit permettre de reconstituer les fonds propres de la banque et de renforcer durablement sa solvabilité.

Elle constitue également un signal fort quant à la confiance des actionnaires, notamment de la partie saoudienne, dans la stratégie mise en œuvre et dans la capacité du management à conduire le redressement.

Associée aux progrès réalisés en matière de recouvrement, de gouvernance, de contrôle interne et de développement commercial, cette augmentation de capital devrait permettre de boucler le processus de restructuration financière.

Une banque en reconstruction

Les états financiers 2025 ne racontent finalement pas seulement une année comptable.

Ils illustrent le début d’une transformation profonde.

Les difficultés héritées du passé demeurent importantes et continueront de peser sur les comptes à court terme. Mais elles s’accompagnent désormais d’une stratégie cohérente, articulée autour de plusieurs leviers complémentaires : assainissement des créances, maîtrise des risques, gouvernance renforcée, relance commerciale et recapitalisation.

Les premiers indicateurs montrent que cette stratégie commence à produire ses effets. Le véritable défi sera désormais de maintenir cette dynamique afin de transformer ces progrès opérationnels en un redressement durable des fondamentaux financiers.

Pour les actionnaires, les investisseurs et l’ensemble des partenaires de la banque, les prochains exercices seront donc décisifs. Ils permettront de mesurer si la TSB est parvenue à convertir un plan de restructuration ambitieux en une véritable renaissance bancaire.

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