Tunisiens disparus en Russie : un dossier de plus en plus complexe

Tunis – Univers News. Le phénomène des Tunisiens portés disparus en Russie ne se limite plus à des cas isolés. Il recouvre désormais des situations diverses : disparitions inexpliquées, détentions liées à des affaires judiciaires ou d’escroquerie, recrutement dans l’armée russe et envoi de certains jeunes sur les fronts de guerre, mais aussi tentatives de rejoindre clandestinement l’Europe à travers les frontières et les forêts russes.
Dans une déclaration à Univers News, Mohamed Ikbel Ben Rejeb, président de l’Association de sauvetage des Tunisiens bloqués à l’étranger, a souligné la complexité du dossier et la difficulté d’obtenir des informations fiables sur le sort de plusieurs Tunisiens.
Parmi les cas récents figure celui de Marouane Ben Ammar, 37 ans, dont les nouvelles sont interrompues depuis le 28 avril dernier. Installé légalement en Russie depuis environ sept ans, notamment à Saint-Pétersbourg et dans la région de Léningrad, il n’avait donné aucun signe apparent de danger avant sa disparition. Les autorités russes ont été alertées et l’organisation « Liza Alert », spécialisée dans la recherche des personnes disparues, a également participé aux recherches. À ce jour, son sort demeure inconnu.
Le dossier comprend également celui d’une étudiante tunisienne en médecine à Saint-Pétersbourg, arrêtée dans le cadre d’une enquête liée à un réseau d’escroquerie électronique. Selon Ben Rejeb, des individus auraient ensuite tenté d’exploiter l’inquiétude de sa famille en lui réclamant d’importantes sommes d’argent en échange de la prétendue régularisation de sa situation.
Autre volet particulièrement préoccupant : celui des jeunes Tunisiens ayant rejoint les forces armées russes. Selon des enquêtes journalistiques citées par Ben Rejeb, sept Tunisiens auraient intégré l’armée russe après avoir rencontré des difficultés judiciaires ou administratives. Certains auraient ensuite été envoyés dans des zones de combat. Une famille tunisienne aurait même appris la mort de son fils au front, sans parvenir jusqu’à présent à récupérer sa dépouille.
Enfin, certains migrants utilisent la Russie comme étape vers l’Europe, notamment en tentant de franchir clandestinement les frontières en direction de la Finlande. Ces itinéraires exposent les migrants à de nombreux dangers : forêts denses, longues distances, conditions difficiles et surveillance sécuritaire renforcée.
Pour Mohamed IKbel Ben Rejeb, l’étendue des risques auxquels sont confrontés les Tunisiens en Russie est aujourd’hui très large. Il déplore également les difficultés rencontrées par les familles pour obtenir des informations auprès des autorités et des services diplomatiques tunisiens.
L’Association de sauvetage des Tunisiens bloqués à l’étranger entend ainsi rassembler les dossiers des Tunisiens disparus ou bloqués en Russie afin de contribuer à faire la lumière sur ce dossier complexe et de faciliter les démarches permettant aux familles de connaître enfin le sort de leurs proches.
KS



