Un masque d’albâtre découvert au Tophet de Salammbô

Tunis, UniversNews (Patrimoine) – Des fouilles archéologiques menées au Tophet de Salammbô, sur le site de Carthage (banlieue nord de Tunis), ont permis la découverte, mardi 4 novembre, d’un masque d’albâtre datant de la fin du IVe siècle avant J.-C, a annoncé le ministère des Affaires culturelles.
Le Tophet de Salammbô, situé à proximité du port punique, est un sanctuaire et nécropole dédié aux deux divinités. Il abrite de nombreuses tombes d’enfants, autour desquelles les débats scientifiques demeurent vifs : certains historiens évoquent des sacrifices rituels, d’autres des inhumations après mort naturelle. Faute de sources écrites directes, les pratiques funéraires carthaginoises restent entourées de mystère.
Découvert en 1921, par deux archéologues amateurs, le Tophet a depuis fait l’objet de multiples recherches. Les fouilles de 2014, menées par une équipe tunisienne relevant de l‘INP et de l’Université tunisienne ce qui constituaient une première dans l’histoire des explorations sur ce site.
Inscrit sur la Liste du Patrimoine Mondial de l’Unesco depuis le 26 octobre 1979, le site archéologique de Carthage comprend notamment la Colline de Byrsa, les Thermes d’Antonin, les Villas Romaines, le Tophet Salammbô, le Théâtre Romain, le Quartier Magon, le Quartier Didon et le Musée Paléochrétien.
Fondée par les Phéniciens vers 814 avant J.-C, Carthage fut la capitale d’un puissant empire méditerranéen avant sa destruction par Rome. Refondée par Jules César, la ville a ensuite connu des périodes romaine, chrétienne, vandale, byzantine et arabe, témoignant de la richesse et de la continuité de son patrimoine historique.
Selon le communiqué publié mercredi soir, cette découverte réalisée par des chercheurs de l’Institut national du patrimoine (INP) consiste en un masque de femme à la coiffure de style phénicien, illustrant un aspect des rituels et des pratiques religieuses propres à ce lieu.
Les archéologues Imed Ben Jerbaniya, Nisrine Maddahi et Kaouther Jendoubi sont à l’origine de la découverte. Les chercheurs avancent l’hypothèse que le masque aurait été présenté comme une offrande aux divinités Tanit et Baal Hammon. Un rapport scientifique final sera soumis à l’issue de l’étude du masque sculpté dans l’albâtre, précise la même source.
Les travaux de fouilles s’inscrivent dans le cadre d’un accord de coopération quadriennal signé en mars de 2024 entre l’INP et l’Agence de Mise en Valeur du Patrimoine et de Promotion Culturelle (AMVPPC).



