
Tunis, UniversNews (NAT) –Tout le monde semble avoir oublié l’histoire de ce joueur de football arrêté en Belgique, en 2004, pour avoir voulu planifier une attaque terroriste contre une base américaine dans ce pays européen. Plus de 20 ans après, cette affaire remonte en surface et la question qui se pose est quelle sera sa destination ??!!!
L’ancien footballeur tunisien Nizar Trabelsi, condamné à Bruxelles au début des années 2000 pour terrorisme, doit être libéré sur ordre de la cour d’appel. L’Etat belge ne dispose désormais plus d’aucune base légale pour le maintenir en détention.
En 2008, les autorités américaines avaient demandé son extradition. Malgré une interdiction explicite de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), la Belgique avait donné suite à cette demande en 2013. Le 4 septembre 2014, la CEDH avait condamné la Belgique pour violation de l’article 3 de la Convention européenne des droits de l’homme, interdisant les traitements inhumains et dégradants.
Cet ancien footballeur professionnel du prestigieux club Fortuna de Düsseldorf risquait dix ans de réclusion. Il était accusé d’avoir préparé un attentat suicide contre la base militaire américaine de Kleine Brogel, dans le nord-est de la Belgique.
Un endoctrinement vicieux
Arrêté par la police fédérale belge deux jours après les attentats du 11 septembre 2001, le jeune homme avait comparu avec 22 autres islamistes, petits soldats du terrorisme. Douze d’entre eux étaient accusés d’avoir organisé les filières d’hébergement et de faux papiers qui ont permis aux deux faux journalistes tunisiens Abdessattar Dahmane et Bouaer el-Ouaer d’arriver jusqu’au commandant Massoud. Deux jours avant le 11 septembre, les deux kamikazes d’Al-Qaida assassineront le « Lion du Panchir », dans son fief de Khodja Bahouddin, au nord de l’Afghanistan.
Crâne rasé, léger collier de barbe à la mode rappeur, si Nizar n’avait, imprimée sur le front, la marque des ultrareligieux, on pourrait le prendre pour un musicien noir américain. Fils d’ouvrier, peu pratiquant, l’ancien espoir du football tunisien a d’abord été un bien mauvais élève.
Ce qui le sauve, c’est sa passion pour le ballon rond. Brillant attaquant, de belles perspectives s’ouvrent à lui. Il est sélectionné dans l’équipe nationale junior de Tunisie, et son oncle, qui travaille à Düsseldorf, l’encourage à tenter sa chance en Europe. En 1989, à 19 ans, il signe un contrat avec le Standard de Liège. Un an plus tard, il rejoint le Fortuna de Düsseldorf. Que s’est-il passé alors? Nizar n’arrive toujours pas à comprendre cette descente aux enfers ponctuée de boîtes de nuit, de cocaïne et de filles faciles, qui l’a finalement mené dans les bras de Ben Laden. « Je me demande comment j’en suis arrivé là, dit-il.

Dénoncé par son compère algérien
Avant de devenir une machine à tuer, Trabelsi va se transformer en machine à prier. Il traverse une véritable crise mystique. « C’est cette année-là, dit-il, que je me suis converti à l’islam. » Puis il part à Londres: direction la fameuse mosquée des Quatre Plumes, à Finsbury Park, où prêchent le Jordanien Abou Qatada et l’Egyptien Abou Hamza, considérés par le FBI et la justice espagnole comme étant les relais d’Al-Qaida en Europe. Là, Trabelsi fait la connaissance d’un Algérien qui lui présente un autre Abou Hamza. Celui-là n’est autre que le Franco-Algérien Djamel Beghal.
Arrêté en juillet 2001 aux Emirats arabes unis, puis extradé en France après les attentats du 11 septembre, Beghal est incarcéré pour avoir préparé un attentat contre l’ambassade des Etats-Unis à Paris. Lors d’un interrogatoire musclé de la police des Emirats, c’est Beghal qui dénoncera Nizar Trabelsi comme son complice avant de se rétracter. En attendant, le Franco-Algérien devient pour Trabelsi, une sorte de commissaire religieux. « Il me parlait tout le temps de l’Afghanistan, se souvient le Tunisien, mais je n’étais pas très chaud pour y aller. Moi, je voulais aller à La Mecque. »
En 1998, Trabelsi disparaît de la circulation. Il est introuvable en Allemagne. Il est dans une madrassa (école religieuse) à La Mecque. Il y restera six mois.
Pakistan… puis Afghanistan
C’est en Arabie Saoudite qu’il va devenir une machine à prier et à haïr, en suivant des cours sur l’islam wahhabite, tendance intégriste à laquelle appartient la famille Al-Saoud au pouvoir à Riyad. Après un séjour de six mois, il est jugé apte pour l’Afghanistan. Comme tant d’autres nouvelles recrues, il séjourne à plusieurs reprises au Pakistan et en Afghanistan, où il se familiarise avec les murs et les coutumes austères des talibans, comme la stricte séparation des hommes et des femmes dans l’espace public, inconnue au Maghreb. Mais si les fous de Dieu sont intransigeants sur les mœurs, ils sont plutôt laxistes sur les trafics en tous genres. C’est ainsi que Nizar tâtera de la contrebande de diamants avec les frères ennemis de l’Alliance du Nord du commandant Massoud…
Depuis son retour des Etats-Unis, Trabelsi est détenu au centre fermé pour illégaux de Merksplas. Les deux ordres de quitter le territoire émis par l’Office des étrangers le visant avaient été suspendus, et la chambre du conseil puis la cour d’appel avaient, à deux reprises, ordonné sa libération. L’arrêt de la Cour de cassation confirme désormais ces décisions et, selon la presse belge, on attend l’achèvement des procédures pour son expulsion vers la Tunisie, où il risque une peine de 20 ans de prison prononcée par un tribunal militaire en 2005. « Nous avons tout tenté pour maintenir Nizar Trabelsi dans le centre fermé en vue de son éloignement vers la Tunisie, mais nous nous heurtons à un mur judiciaire», a déclaré la ministre belge de l’Asile et de la Migration, Anneleen Van Bossuyt.



