
Tunis, UniversNews (NAT) – La commémoration du 40e jour du décès du défunt Mohamed Amouri a ravivé les sentiments de ceux qui l’avaient connu et côtoyé qui ont répondu présents à la cérémonie qui s’est déroulée à l’Hôtel Hasdrubal Thalassa & Spa. Le vibrant hommage qui lui a été rendu était à la mesure de sa vie riche en réalisations et succès, avec une carrière qui avait fait des envieux… mais, le vibrant hommage à dimension internationale, de ce mercredi 29 octobre 2025 a été le reflet de cette carrière d’un bâtisseur et d’un fervent défenseur du tourisme tunisien qui doit ses performances à des hommes convaincus, comme feu-Mohamed Amouri qui s’était éteint le 12 septembre 2025. Il fut un phare qui a éclairé le chemin, un mentor et un monument.
Son fils Raouf Amouri a entamé cette cérémonie par un hommage vibrant : «Mon père sera certes touché de voir ses amis, ses collègues venir ce soir lui faire un hommage. Mohamed Amouri a passé sa vie à travailler. Le travail, c’était sa vie. Vous avez tous collaboré avec lui et je peux dire que vous faites partie de sa vie et de sa famille élargie. Je garde de bons souvenirs lors du passage de mon père à l’hôtel les Colombes. On habitait les chambres 225 et 226. Etant enfant, j’avais l’habitude une fois revenu de l’école avec ma sœur vers 16h00 de déambuler dans les différents départements de l’hôtel. La réception m’intriguait vers la fin d l’après-midi. J’ai le souvenir de mon père qui, à 17h00, descend à la réception et se met derrière le comptoir. Il accueillait les clients. D’une élégance impeccable, Il les saluait «bonsoir Monsieur Alain»… «Good evening Mr. Smith». Après tant d’années passées aux Colombes à Hammamet, Si Mohamed a créé la Société d’exploitation touristique. Il s’était engagé dans ses divers projets notamment la gestion de plusieurs unités, en 1978, comme l’hôtel Karawane à Sousse, La Médina à Djerba et Néapolis à Nabeul. En 1981, il a entamé le premier chantier et l’inauguration de l’hôtel Hasdrubal Port Kantaoui. Il y a cru bon et voyait grand. S’ensuivit l’hôtel Hasdrubal Djerba et puis l’Hasdrubal Hammamet en 1999 où j’ai pu le rejoindre. Si Mohamed aimait sa profession. A 17h00 il était derrière le comptoir de la réception. C’était le fameux rituel».

Un professionnel dévoué et engagé
Il a souligné que «Cela résume Mohamed Amouri, ce professionnel dévoué et engagé et sa constance dans l’évolution et le développement. Il aimait explorer les territoires nouveaux mais tout en gardant ses fondamentaux. Il a toujours été fidèle à sa conviction et à ses amis. Élégant, mon père a toujours veillé à son allure comme à sa posture. C’est une école pour moi et un modèle pour nous tous. Mais je dois mentionner une partie de la vie de Mohamed Amouri, le 25 février 2006, mon père a été victime d’un grave accident vasculaire cérébral et là il va entamer une autre période de sa vie. Mais il démontre la même combativité. Il a même défié les pronostics des médecins d’une manière incroyable. Il n’aurait pas mené son combat sans avoir à ses côtés ma mère Faouzia ».
« Mohamed Amouri aimait l’art. Il était féru de littérature et de théâtre. A la création de la SHTT, il était chargé de doter tous les hôtels d’œuvres d’artistes tunisiens. Une fois promoteur de ses propres hôtels, sa décision sera prise : intégrer l’art sous diverses formes comme en témoignent les expositions dans les hôtels. Mohamed Amouri passe alors la vitesse supérieure: la création de la Fondation Hasdrubal pour la culture et les arts Mohamed Amouri. Dédiée à la promotion et au développement des arts, notamment des arts plastiques et de la musique en Tunisie, elle a pour objectif de favoriser l’accès aux arts et à la culture. Si Mohamed nous a quittés, mais le fruit de son œuvre continue de briller à travers les établissements Hasdrubal et les souvenirs qu’il laisse dans le cœur de ceux qui ont travaillé à ses côtés », a-t-il conclu.

Adieu Mohamed Amouri, on t’aimait bien
Mohamed Amouri n’est plus. Figure emblématique de l’hôtellerie tunisienne, il laisse derrière lui une empreinte durable dans le paysage du tourisme national. Les témoignages de ses pairs, de ses collaborateurs, hôteliers cadres, architectes convergent tous : Si Mohamed était un professionnel hors pair, un meneur d’hommes passionné et respecté. «Adieu si Mohamed, on t’aimait bien», disaient tous.
Mohamed Sammoud ex-directeur général à l’hôtel les Colombes : « Mohamed Amouri était pour moi une icône du tourisme tunisien. Son immense culture, sa très grande expérience, son amour de notre pays et sa confiance dans son potentiel et son avenir, sa conviction que le secteur, auquel il a tant donné, était un atout majeur de la Tunisie, forçait le respect et avaient une vocation pédagogique. Il laissera une grande place à vous bien sûr, et à tous ceux qui lui étaient chers, mais aussi à ceux qui avaient appris à l’apprécier et à l’aimer ».
Dr Fayçal Hentati, neurologue, était un grand ami de Mohamed Amouri : «J’ai trouvé en lui un homme intelligent, perspicace, avec un grand sens de l’initiative. Chaque jour il nous vient avec une nouvelle idée, base d’un vrai programme de promotion du tourisme tunisien. C’est un homme discipliné qui sait s’organiser, un modèle, exigeant, créatif. Mohamed Amouri était un grand Monsieur du tourisme tunisien, un homme inoubliable».

Professionnalisme d’un amoureux de son pays
Jamil Khelif a connu Mohamed Amouri lorsqu’il était à l’office du tourisme «Je l’ai côtoyé et apprécié. J’ai pu découvrir la finesse de sa pensée sur l’art du voyage, l’art de recevoir. Il fut l’un de ceux qui ont consolidé le socle d’une industrie florissante, celle du Tourisme de notre chère terre Tunisienne. C’était un mariage heureux entre professionnalisme et amour de son pays. Il va manquer à sa famille et à ses amis. Qu’il repose en paix. La Tunisie lui sera éternellement reconnaissante ».
Mounir Ben Miled, l’ami de Mohamed Amouri disait « C’est un professionnel exceptionnel et un des piliers du tourisme tunisien. Un grand monsieur, l’amour du pays chevillé à son corps, un humour décapant… un ami. Je l’ai connu lorsqu’il était cadre à la SHTT dans les années 60. Il aimait son métier. Il est très rigoureux et veut s’entourer de gens compétents ».
Mohamed Jegham, ex-ministre du tourisme a beaucoup d’estime pour Mohamed Amouri « Si Mohamed a fait beaucoup pour le tourisme après une bonne formation dans les grandes écoles du tourisme en Suisse et en France. Il a voulu développer une offre haut de gamme, posant ainsi les jalons d’un tourisme différent, fondé sur l’excellence et le raffinement et. Sa chaîne Hasdrubal et ses hôtels à Hammamet, Djerba et Sousse sont devenus des références dans l’hôtellerie tunisienne ».
Il a réinventé les codes de l’hôtellerie
Ahmed Bouslama, architecte, a beaucoup côtoyé Mohamed Amouri: «C’est un vrai professionnel qui a tiré le tourisme vers le haut. Un grand frère. Il fait partie de notre existence. Réputé pour sa discipline, il imposait un standard élevé à ses équipes, à la hauteur de sa vision du luxe et de l’excellence. Présent sur le terrain, il inspectait chaque détail, ne laissait passer aucune erreur, tout en prodiguant conseils… et affection. En apprenant son décès, j’étais très affecté. On dirait que c’est un bâtiment qui s’est écroulé sur ma tête».
Haykel Akrout, ex-directeur général de l’hôtel Hasdrubal Hammamet « C’est le e modèle même de l’entrepreneur qui a réinventé les codes de l’hôtellerie de luxe pour lui imprimer un nouveau cap au rayonnement international. Un exemple pour tous. Immense tristesse. Un monument qui est parti. Sa sagesse, son intégrité et son dévouement resteront une source d’inspiration pour tous ceux qui suivent ses traces dans le monde du tourisme ».
Un dernier hommage en musique
La musique a ce pouvoir mystérieux de faire vibrer l’âme. Lorsqu’il s’agit de rendre un dernier hommage à un être cher, elle devient un langage universel. Honorer la mémoire d’un proche, grâce à la musique, est une manière touchante d’exprimer l’amour et l’espoir. « Mon père aimait l’art et la musique était sa passion, c’est pourquoi j’ai décidé de lui rendre hommage par la musique ». Aida Niati avec ses étudiants ont ouvert le bal en interprétant des chansons que Mohamed Amouri aimait notamment des œuvres de Mohamed Abdelwaheb et Hédi Jouini. Les célèbres Petits Chanteurs de Monaco, chœur de garçons créé en 1974, ont participé à cet hommage. Dirigés par la main de maestro Pierre Debat, ces jeunes ont interprété des œuvres extraites du répertoire de la dernière tournée de concerts des Petits Chanteurs de Monaco aux États-Unis dont « Feuilles mortes » « Sous le ciel de Paris » « Hymne à l’amour » et « la mer ». Ils ont enchanté les oreilles et réchauffé le cœur d’un public enthousiaste. Les jeunes choristes tunisiens d’Aïda Niati ont rejoint ensuite sur scène les Petits Chanteurs de Monaco. Ensemble, ils ont mêlé leurs voix dans une émouvante symphonie d’unité pour célébrer la paix, la tolérance et la beauté du vivre-ensemble. Un hommage collectif à Mohamed Amouri qui résonne profondément dans les cœurs.
Une descendante de Mohamed Amouri, Samia, à qui le grand père a inculqué l’amour de l’art, a été le clou de la soirée, en interprétant à merveille la chanson émouvante de Louane « Si j’étais là ».
Les participants à la cérémonie ont été vraiment émus, à la fin de la cérémonie… et le défunt était présent, parmi l’assistance, avec son souffle marqué de sérénité d’une vie bien accomplie. La paix pour l’âme de ce grand homme !!!



