
Tunis – Univers News. Une nouvelle ronde d’appels d’offres doit ouvrir la voie à des investissements internationaux dans une zone maritime prometteuse, tandis que Tunis et Tripoli misent sur le développement conjoint du gisement de Zarat.
La Tunisie et la Libye s’apprêtent à relancer leur coopération dans le domaine des hydrocarbures à travers une nouvelle ronde d’appels d’offres portant sur des opportunités d’exploration et de développement dans le bassin de Gabès, à cheval sur les espaces maritimes des deux pays.
Cette opération est portée par Joint Oil, société tuniso-libyenne créée pour promouvoir et développer les ressources énergétiques communes. L’objectif est de susciter l’intérêt des compagnies internationales et de mobiliser de nouveaux investissements dans une région considérée comme particulièrement prometteuse sur le plan pétrolier et gazier.
Selon les informations présentées dans une analyse consacrée au projet, la campagne prévoit notamment l’exploration d’une zone offshore d’environ 3.000 kilomètres carrés, caractérisée par des profondeurs d’eau comprises entre 80 et 120 mètres. Cinq prospects potentiels ont été identifiés dans cette zone, avec des ressources estimées à plus de 1,6 milliard de barils de pétrole et environ 3,1 trillions de pieds cubes de gaz naturel.
Le calendrier de cette nouvelle ronde est déjà fixé. Les compagnies intéressées pourront soumettre leurs offres entre le 7 septembre et le 1er décembre 2026, tandis que l’annonce des entreprises retenues est prévue au cours du premier semestre 2027.
Au-delà de l’exploration, la coopération tuniso-libyenne porte également sur le gisement de Zarat, situé dans une zone commune. Ses ressources sont estimées à quelque 266 millions de barils de pétrole et de condensats, ainsi qu’à environ 1,1 trillion de pieds cubes de gaz naturel. Les deux partenaires envisagent d’étudier différentes options pour son développement et sa mise en production commerciale.
La zone concernée n’est pas totalement inconnue des acteurs du secteur. Plusieurs forages ont déjà été réalisés par le passé à proximité de structures et de champs pétroliers et gaziers, notamment dans le sud tunisien et l’ouest libyen. Ces travaux ont contribué à confirmer l’existence d’un potentiel énergétique susceptible de faire l’objet de nouvelles campagnes d’exploration.
Pour Tunis et Tripoli, l’enjeu dépasse ainsi la seule découverte de nouveaux gisements. Il s’agit également de valoriser une ressource commune, d’attirer des capitaux étrangers et de renforcer la coopération économique entre deux pays voisins confrontés à des défis énergétiques différents mais complémentaires.
La Tunisie, dont la production nationale d’hydrocarbures reste insuffisante pour couvrir ses besoins, cherche notamment à réduire sa dépendance aux importations énergétiques. La Libye dispose, de son côté, de ressources considérables mais demeure confrontée à des défis liés à la stabilité et au développement de ses infrastructures.
La réussite de cette nouvelle initiative dépendra donc de la capacité de Joint Oil à transformer le potentiel géologique identifié en projets d’investissement concrets. Pour le bassin de Gabès, longtemps considéré comme une zone à fort potentiel, cette nouvelle étape pourrait ouvrir un nouveau chapitre dans l’histoire énergétique tuniso-libyenne.
KS



