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Moins de production, plus d’importations.. le piège énergétique se referme !!

35 % de pétrole en moins d’ici 2035..

40 % de gaz domestique en moins en neuf ans, dans un pays dépendant à 90% du gaz pour son  l’électricité..

UniversNews En 2026, le paysage énergétique tunisien confirme une réalité de plus en plus difficile à contourner : le pays est entré dans une phase structurelle de déclin de sa production d’hydrocarbures. Les données publiées par Fitch Solutions dans son Tunisia Oil & Gas Report – February 2026 dessinent une trajectoire nette à l’horizon 2035 : moins de production locale, davantage de consommation et un recours croissant aux importations.

La production pétrolière, qui avoisinait encore 30.900 barils par jour en 2024, tomberait à 28.100 barils en 2026, avant de reculer vers 18.300 barils quotidiens d’ici 2035. Cette contraction régulière, estimée à près de 5 % par an, traduit le vieillissement des champs existants et l’absence de nouvelles découvertes d’envergure.

Le gaz naturel suit la même tendance : autour de 1 milliard de m³ en 2026, puis seulement 0,6 milliard en 2035. Là aussi, l’érosion est progressive mais continue. Le champ de Nawara illustre cette dynamique, avec une chute marquée de sa production en 2025.

Le véritable nœud du problème réside toutefois dans la structure même du système énergétique tunisien. Le gaz assure plus de 90 % de la production d’électricité. Or la demande nationale ne cesse d’augmenter, portée par la croissance démographique, l’urbanisation et les besoins industriels. La consommation gazière atteindrait 5 milliards de m³ en 2026 et dépasserait 6 milliards à l’horizon 2035. Le décalage entre l’offre locale et la demande se creuse donc inexorablement. En 2026, le déficit avoisine déjà 4 milliards de m³, couverts essentiellement par des importations.

Cette dépendance se concentre principalement sur l’Algérie, partenaire clé via des accords bilatéraux et le gazoduc Transmed. Dans ces conditions, toute évolution des volumes ou des conditions tarifaires décidée par Alger aurait un impact direct sur l’équilibre énergétique tunisien. La sécurité d’approvisionnement devient ainsi une question diplomatique autant qu’économique.

Parallèlement, la Tunisie reste importatrice nette de produits raffinés, notamment carburants et fioul, ce qui alourdit la facture énergétique et accentue la pression sur les finances publiques. Si le pays exporte encore de faibles volumes de brut, cette situation pourrait s’inverser d’ici 2035. Les réserves prouvées, estimées à 410 millions de barils de pétrole et 60 milliards de m³ de gaz, confirment que la marge de manœuvre demeure limitée.

L’entreprise publique Entreprise Tunisienne d’Activités Pétrolières conserve un rôle central dans l’exploitation des ressources nationales, tandis qu’une réforme du cadre légal des hydrocarbures est en discussion. Mais sans investissements significatifs et sans accélération des renouvelables, l’objectif affiché de souveraineté énergétique semble difficile à atteindre.

Au-delà des chiffres, l’enjeu est désormais stratégique. L’énergie conditionne l’équilibre budgétaire, la stabilité sociale et la crédibilité diplomatique. Pour la Tunisie, chaque baril en moins et chaque mètre cube importé redessinent les contours d’une souveraineté sous tension.

KS

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