
UniversNews (Société) – La violence numérique menace les femmes. Qu’il s’agisse de trolling, de stalking, de deepfakes ou de doxing, des millions de femmes et de jeunes filles sont victimes de harcèlement chaque année. Selon les Nations unies, les femmes, les filles et les personnes qui ne se conforment pas au genre risquent davantage d’être prises pour cible et de subir des conséquences plus graves et plus durables en raison de leur sexe. Des études menées dans le monde entier montrent que jusqu’à 58 % des femmes et des filles ont été la cible de violences en ligne, selon ONU Femmes. La lutte contre la violence envers les femmes sur Internet constitue actuellement l’un des plus grands défis à relever en Tunisie. La cyberintimidation, le harcèlement et les menaces dans l’espace numérique peuvent être aussi néfastes que la violence physique et ont souvent un impact profond sur la vie des personnes touchées. L’Association Tunisienne des Femmes Démocrates (section Sfax) œuvre pour l’amélioration de la santé des femmes, qui doivent pouvoir vivre à l’abri de la violence numérique. Elle vient d’organiser un symposium jeudi soir à l’occasion de la Journée internationale des femmes, le 5 mars, et intitulé « Cyber Violences contre les femmes et les filles : leurs effets et les moyens de les combattre ».

Les militantes de la société civile et les journalistes les plus touchées
Sabria Frikha, présidente de la section de Sfax de l’Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD) a souligné à cette occasion que la violence contre les femmes ne s’arrête plus à la rue ou au foyer : elle se prolonge désormais derrière un écran : 60 % des Tunisiennes ont subi au moins une fois une forme de violence numérique au cours de leur vie, ce qui leur cause de graves traumatismes psychologiques, précisant que les formes les plus courantes de violence numérique à l’égard des femmes sont le cyberharcèlement (31 %), le harcèlement et la surveillance en ligne (24 %), le reste incluant les menaces, la diffamation et le chantage.
Cette violence numérique se propage à une vitesse alarmante, alimentée par l’intelligence artificielle, l’anonymat et l’absence de lois et de mécanismes de responsabilité efficaces. Les groupes les plus touchés par la violence numérique sont les militant·e·s de la société civile, les journaliste·e·s, les personnalités politiques et les créateur·trice·s de contenu.
Les signalements des abus et des violences en ligne restent largement insuffisants. Mais des progrès sont perceptibles. Les législations commencent à évoluer pour répondre aux défis posés par l’évolution technologique. En Tunisie, explique, l’avocate Hamida Chaieb lors de son intervention juridique que le pouvoir judiciaire s’appuie sur le Code pénal et le Code des télécommunications pour statuer sur les cas de violence numérique, alors qu’il est censé s’appuyer sur la loi n° 58 de 2017, qui précise les formes de sanctions contre la violence. (M.S)



