
- +Une déconnexion flagrante avec les réalités du XXIe siècle….!!??
UniversNews – Alors que le secteur du transport aérien tunisien réclame des réformes structurelles et des investissements massifs, le ministre des Transports, Rachid Amri, a choisi la voie de l’absurde lors de la séance plénière du 20 avril 2026. En pleine crise de connectivité, le ministre a cru bon de justifier le maintien du statu quo à l’aéroport de Tunis-Carthage par une pirouette nostalgique totalement hors-sol : les passagers choisiraient cet aéroport pour marcher dans les pas d’Abdel Halim Hafedh et d’Om Kalthoum. Une sortie qui, loin de rassurer, témoigne d’une déconnexion flagrante.
Pour justifier « la centralité » de l’aéroport de la capitale, le ministre n’a pas seulement invoqué des chiffres, mais aussi la mémoire culturelle. Selon lui, l’attractivité de Tunis-Carthage repose sur son prestige historique :
« Les gens veulent atterrir là où ont atterri Abdel Halim Hafedh et Om Kalthoum. C’est ce que disent les « pronostics » que nous avons effectués. », a-t-il lancé à l’hémicycle du Bardo.
Une communication indigente face aux enjeux techniques
En invoquant des icônes de la chanson arabe des années 50 pour masquer l’obsolescence des infrastructures, le ministre bascule dans une rhétorique de l’esquive. Là où les usagers et les experts attendent des réponses précises sur la saturation des terminaux, les retards chroniques et la gestion désastreuse des flux, Rachid Amri répond par des « pronostics » de salon.
Cette approche romantique est une insulte à la rigueur attendue d’un décideur public : on ne gère pas un hub international avec des émotions, mais avec des chiffres, de la logistique et une vision stratégique qui dépasse le simple fétichisme historique.
Le naufrage d’une vision stratégique
Cette déclaration n’est pas qu’une simple maladresse de langage ; elle révèle une faillite intellectuelle dans la conception des politiques publiques.
En s’agrippant au passé glorieux de Tunis-Carthage, le ministère semble incapable de projeter la Tunisie dans une modernité aéroportuaire compétitive. Tandis que les pays voisins construisent l’avenir à coups de « smart airports » et de hubs logistiques performants, le gouvernement tunisien se complaît dans une autosatisfaction stérile.
Ce refus de voir la réalité en face, sous couvert de défense du patrimoine, condamne les aéroports régionaux à la marginalisation et le pays à une stagnation durable.
Plutôt que de proposer une feuille de route crédible pour 2026, le ministre des Transports a préféré livrer une prestation de fan de musique classique, illustrant parfaitement le fossé qui sépare aujourd’hui l’élite politique des exigences criantes de modernisation du pays.



