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Budget 2027 : Entre Ambitions Souveraines et Rigueur Budgétaire

UniversNews – L’élaboration du budget de l’État pour l’année 2027 s’annonce comme un exercice d’équilibriste complexe. Selon l’expert économique Chakib Ben Mustapha, les orientations générales issues de la présidence du Gouvernement révèlent une dualité frappante : d’un côté, une volonté affirmée de renforcer la souveraineté nationale, l’autosuffisance et le développement régional ; de l’autre, l’imposition d’une politique de rationalisation des dépenses publiques. Ce paradoxe place les décideurs devant un défi majeur : concrétiser une vision stratégique ambitieuse avec des ressources financières volontairement restreintes.

Sur le plan méthodologique, l’approche consistant à intégrer des propositions locales et régionales dans la préparation du budget se heurte à la réalité du terrain. M. Ben Mustapha souligne que le centralisme administratif excessif freine cette dynamique. De plus, il s’interroge sur la capacité réelle et l’expertise des conseils locaux et régionaux à formuler des projets de développement viables et exécutables. Cette problématique est accentuée par le retard pris dans la présentation du plan de développement 2026-2030. Pour l’expert, l’absence de ce cadre de référence constitue une perte économique et temporelle, car le budget devrait normalement découler d’une vision d’investissement public claire et à long terme.

La gestion des équilibres financiers reste précaire, notamment en ce qui concerne la masse salariale. Bien que le gouvernement tente de la maîtriser, il fait face à un climat social tendu, marqué par l’augmentation du coût de la vie et les attentes des fonctionnaires. L’expert note un flou persistant concernant les nouveaux recrutements et la situation des demandeurs d’emploi, malgré les efforts de régularisation des travailleurs contractuels. Cette incertitude pèse sur la visibilité sociale et économique du pays pour les années à venir.

Enfin, les facteurs exogènes menacent sérieusement les prévisions budgétaires. La hausse mondiale des prix du pétrole, exacerbée par les tensions géopolitiques, dépasse largement les hypothèses initiales des budgets précédents. Ce décalage risque d’alourdir la facture des subventions aux hydrocarbures de plusieurs milliards de dinars, creusant davantage le déficit budgétaire. Dans ce contexte, la réalisation des objectifs de croissance dépendra étroitement de la capacité de l’État à absorber ces chocs externes tout en maintenant le cap de ses réformes structurelles.

KS

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